Nos élites progressistes ne cessent d'utiliser le mythe des « chances pour la France » en parlant des clandestins, dans un discours lénifiant matraqué matin, midi et soir. Appuyés par les grands groupes avides de main-d’œuvre à bas coût et non syndiquée synonyme de productivité et de rentabilité, nos dirigeants essaient de nous faire avaler des couleuvres qui ne résistent pas aux faits et au simple bon sens.

La première idée reçue est que la européenne serait faible, trop faible. Si c'est le cas de certains pays comme l’Allemagne, ce n'est pas une généralité - en atteste la fécondité française. Ensuite, en admettant ce point de vue comme recevable, quelle en est la cause ? Les femmes européennes sont-elles subitement devenues stériles ? Bien sûr que non. Elles décident de privilégier leur carrière. Certaines par choix, une majorité par nécessité. Comment s’acquitter de loyers exorbitants et de taxes sans cesse plus nombreuses sans travailler d'arrache-pied ? On n'a jamais compté autant de femmes célibataires. Ici aussi, le contexte est vecteur de ce phénomène : un couple stressé, qui ne peut plus se retrouver lors de ou jouir des nombreux biens de consommation exhibés dans des publicités intrusives, finit par aller mal. De manière plus pragmatique : nous faisons moins d’enfants parce qu'élever un enfant coûte très cher et que la fin du mois arrive après quelques jours pour beaucoup de Français.

Et c'est ici que le grand mensonge de nos humanistes éclate contre la barrière implacable de la réalité, la vraie vie. Si nos remplaçants (nos chances) sont donc censés faire des livrées de bébés à notre place, de quels moyens disposent-ils ? Ils vont avoir des salaires plus conséquents que nos mères célibataires jonglant avec un mi-temps chez Auchan ? Ils vont avoir le travail que le gouvernement n'arrive pas à trouver pour 10 % de notre population ? Ils vont élever leurs enfants en batterie dans des « maternités des mille bébés » ? Et ces nouveaux Français qui devront payer nos retraites, ils auront donc, eux aussi, un travail ?

Le travail est souvent vu comme un gâteau à repartir. Si votre gâteau est coupé en 10 parts et que 90 invités débarquent chez vous, vous pourrez toujours le couper en 100 parts, mais chacun en aura moins et la taille du gâteau n’aura pas augmenté. Deux problèmes, donc : on n'a toujours pas trouvé le moyen de fabriquer des gâteaux plus gros (c’est même plutôt l’inverse), et ensuite la part plus petite nous ramène à notre première problématique.

Entre en jeu la seconde mystification : la logique voudrait que les moyens soient donnés à nos propres familles afin d’accueillir des enfants dans de bonnes conditions. On prend le chemin inverse en débloquant des milliards pour accueillir des milliers de chômeurs supplémentaires et, donc, alourdir un peu plus le fardeau de la dette, et donc tuer nos jeunes, nos classes moyennes et nos retraités. Mais se donner bonne conscience mérite au moins ça.

Les événements récents prouvent que nous pouvons trouver par magie des millions d’euros pour satisfaire une nouvelle clientèle mondialisée.

Alors voulons-nous vraiment fabriquer des millions de « nouveaux Français » qui apprendront à nous haïr au travers de la cellule familiale ou au travers de programmes scolaires qui bourrent le crâne à la sauce repentance, ou préférons-nous rester entre nous ? La seule issue réaliste se situe dans doute entre les deux : entre nous, mais un nous qui engloberait ceux qui veulent vraiment se diluer dans notre culture, notre histoire, notre fierté, nos qualités et aussi nos défauts.

20 septembre 2015

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