Il bruine, il crachine, il gèle, il grêle, il neige et les mauvaises nouvelles pleuvent. Il y a des jours comme ça.

La philanthropie ne nourrissant pas son homme, Lakshmi Mittal a préféré s’investir dans les affaires. Il y a réussi. Il revenait hier à Jean-Marc Ayrault, Premier ministre de la République française, de présenter aux délégués des métallos de Florange l’accord issu des négociations entre un homme fort et un État faible. Le propriétaire d’Arcelor a préféré à un plan social qui lui aurait coûté cher dans l’immédiat le maintien temporaire de l’emploi et l’arrêt programmé des activités de la partie non rentable du site industriel où il est le seul maître après Dieu mais avant François Hollande. Ainsi va le monde capitaliste dont ce gouvernement « socialiste » semble découvrir, éberlué, le fonctionnement, la morale et la cruauté.

EDF et Areva, dirigés de main de maître par Henri Proglio et Anne Lauvergeon, s’étaient trompés de quelques années sur les délais et de quelques milliards sur le devis de la réalisation de l’EPR de Flamanville. C’est sans importance puisque le contribuable paiera. Du coup, ENEL se retire de l’aventure et son dédit lui rapporte plus de six cents millions. Ils ne sont pas fous, ces Romains ! C’est du reste sans importance puisque l’abonné d’EDF paiera.

Les partenaires sociaux ont mis au programme de leur prochaine réunion la dégressivité de l’indemnisation du chômage. Une illustration de plus de la logique bancaire qui imprègne notre société. Plus tu es pauvre moins tu empruntes facilement et plus les taux d’intérêt sont élevés. De même, c’est au moment où la demande d’emploi explose et où l’offre se raréfie que l’on pénalise ceux qui ne parviennent pas à retrouver du travail.

C’est dans un contexte de crise que les collectivités locales multiplient jusqu’à dix fois les taxes qui pèsent sur les P.M.E. Il est assez judicieux d’enfoncer sous l’eau la tête des nageurs en difficultés.

Au prix d’un effort surhumain, l’État avait baissé de trois centimes les prélèvements qu’il opère sur la vente de l’essence et obtenu des pétroliers une baisse équivalente. Cet allègement a vécu.

Le président de la République française et le président du Conseil italien ont solennellement ouvert la voie à la ligne à grande vitesse -Turin. Celle-ci se fera si l’ veut bien assumer 40% du coût, ce qu’elle ne manquera pas de faire si la France et l’ subventionnent de leur côté d’autres grands ou petits travaux. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Notre administration passait traditionnellement pour à la fois intègre et compétente. La gangrène gagne peu à peu la France (neuvième au classement des pays européens les moins corrompus). Notre société, comme les poissons, pourrit par la tête. Nous sommes gouvernés par des gens qui, dans l’hypothèse la plus favorable, ne maîtrisent rien, dans l’hypothèse la plus pessimiste, sont responsables de notre déclin. L’actualité sonne jour après jour les heures de notre décadence.

Bonnes nouvelles : inscription prochaine du fest noz au patrimoine immatériel de l’humanité ; hospitalisation de Catherine Windsor, née Middleton.

6 décembre 2012

Partager
BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.