Culture - Editoriaux - Histoire - 6 janvier 2013

La France, terre… d’émigration !

Il faut être de gauche, ou aveugle, pour ne pas voir, en marchant dans la rue, que notre pays est devenu une terre d’immigration.

Bien sûr, avant, avec les Polaks, les Ritals, les Portos ou les Espingouins, ça se remarquait moins. Mais ces 30 dernières années, le courant s’est amplifié, mondialisé, au point que l’ancien président Giscard d’Estaing a pu parler « d’immigration-invasion ». Heureusement, tous les étrangers « nous enrichissent », comme l’expliquent les idéologues de Terra Nova, et leurs traditions culturelles parfois pittoresques, si elles peuvent surprendre, ont l’avantage de nous ouvrir sur le monde !

À tel point qu’au bout du compte, un nombre croissant de nos compatriotes est saisi d’une violente bougeotte. Envie de respirer un grand bol d’air frais, de voir autre chose que cette joyeuse diversité ? En tout cas, les Français semblent de plus en plus décidés à aller s’installer à l’étranger, histoire d’en voir moins ! Oui, nous sommes en train de devenir lentement une terre d’émigration. On commence par quitter les banlieues tribalisées, et on finit par prendre l’avion sans billet retour.

Comme par hasard, c’est vers la Nouvelle France et ses Québécois bien de chez nous que se tournent de plus en plus les Français. Les derniers chiffres de l’émigration française (je sais, ça fait bizarre) sont troublants car, en novembre dernier, les 6 750 permis vacances-travail annuels mis à disposition par l’ambassade du Canada à Paris sont partis en l’espace de… deux jours. Du jamais vu !

Une grande partie des témoignages concordent : les Français « se sentent mieux au Québec » car « l’ambiance y est moins lourde ». On se demande bien de quoi ils veulent parler ! C’est la même chose à Londres, où les Français vivent volontiers (la télé nous annonce que Jean-Michel Jarre aimerait peut-être s’y installer pour d’obscures raisons). Dans les rues du centre londonien, il y a comme un différence, une densité humaine plus faible, une agressivité en chute libre…

Le site du ministère des Affaires étrangères annonce une augmentation des départs « bien supérieure à celle observée en 2010 » durant laquelle « le nombre d’inscrits au registre avait alors progressé de 2,3 % : au 31 décembre 2011, 1 594 303 de nos compatriotes étaient inscrits au registre mondial des Français établis hors de France, soit une hausse de 6 % par rapport à l’année précédente. »

Cette France qui part, c’est un phénomène unique dans l’histoire. Le début d’un exode définitif ? L’histoire nous le dira.

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