La a peur. Pourquoi ? Ce ne sont pas les 6 millions de chômeurs, les 2.000 milliards de publique ou les actes terroristes des fondamentalistes musulmans qui provoquent l’inquiétude, mais une élection législative partielle dans le Doubs.

En effet, les chemises brunes menacent d’envahir l’Assemblée nationale. Le parti soutenu par 25 % des Français aux européennes a failli occuper 0,5 % des sièges de l’Hémicycle : un troisième gaillard au crâne rasé aurait alors posé son séant tatoué d’immondes symboles nazis à côté des culs propres de nos 574 députés républicains, honnêtes et entièrement dévoués au rayonnement de la France. Que dites-vous ? Qu’il s’agirait d’une mère de famille diplômée d’histoire dont les deux complices sont une ravissante jeune femme de 26 ans et un avocat débonnaire de 67 ans ? Soyez vigilants : ne sont-ils pas blonds aux yeux bleus, exactement comme l’était Adolf Hitler ? À titre exceptionnel et républicain, l’amalgame est déclaré licite.

La a peur, vous dis-je ! Laquelle ? Certainement pas les 49 % de votants du Doubs qui, malgré les cris d’orfraie des bonnes consciences républicaines du pays, ont soutenu la candidate du Front national. La peur touche la France politique et sa Propagandastaffel, la classe « dirigeante » au sens post-démocratique, qui veut diriger les Français, à défaut de pouvoir redresser un pays à la dérive. Le concept démocratique de la personne élue par le peuple et pour le peuple a fait son temps, l’élu est aujourd’hui celui qui oriente le peuple : il définit le bien et le mal et, lorsqu’un vote est malheureusement indispensable, le gouvernement annonce pour qui il faut voter et l’opposition pour qui il ne faut pas voter. François Hollande l’a maladroitement mais publiquement avoué lors d’une visite à Sydney, le 18 novembre dernier : "Les Français, un peuple pas toujours facile à diriger." Le locataire de l’Élysée considère effectivement que son rôle n’est pas de servir les Français, mais de les diriger comme un guide, un conducteur (en italien Duce, en allemand Führer). Un locataire précédent n’ayant réussi à contraindre que 45 % des Français à voter en faveur du traité établissant une Constitution européenne, Nicolas Sarkozy avait dû modifier la Constitution française pour permettre aux parlementaires de ratifier un traité de Lisbonne quasi identique. Car désormais la France, c'est eux, pas nous. Ils ont fait don de la France à leur personne. Aujourd’hui, ces politiciens républicains paniquent : les Français ne veulent plus obéir, ni voter « comme il faut », et le politiquement correct interdit d’user des méthodes républicaines appliquées aux Vendéens "difficiles à diriger" dans les années 1793-1796.

La France politique a donc peur. La solution ? Celle recommandée par le pamphlet éponyme de Brecht : si le peuple a trahi la confiance du régime, s’il n’obéit plus, alors il serait plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d'en élire un autre. "Changer le peuple" » était peut-être la signification du slogan du Parti socialiste en 2012, "Le changement, c’est maintenant", accompagné d’une gestuelle dont la ressemblance avec un double salut nazi croisé a échappé à Jakubowicz : les deux avant-bras à l’horizontale se croisent en sens inverse, symbolisant probablement les flux migratoires de ceux qui entrent et ceux, difficiles à diriger, qui sont condamnés à disparaître.

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15 février 2015

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