Avec un marché de consommation de psychotropes illégaux évalué à plus de 6 milliards d’euros par an et des quartiers entiers aux mains des trafiquants, la question peut se poser. Pour se donner une idée, le budget annuel de la nationale se situe dans les mêmes ordres de grandeur. Voilà des enjeux qui peuvent exciter bien des appétits, et favoriser de belles rentes de situation pour beaucoup de gens.

Le voile se déchire. Après la disparition de produits illicites au sein même du « 36 », après la chute du grand flic lyonnais, le dernier dossier qui pue vient de sortir. Selon l’enquête du journal Libération, les « stups » auraient eu, un temps, le contrôle de la plus grosse part de marché du segment qui génère le plus de volume : le cannabis. Autant dire qu’ils tenaient le business, c’est-à-dire pouvaient influer sur les bénéfices, la distribution aux points de vente, la qualité du produit et les prix depuis l’achat jusqu’au consommateur, comme le ferait l’actionnaire de Carrefour revendant les nouilles de Lustucru.

Une telle affaire n’est pas la première, et de telles pratiques ne se limitent pas aux « stups ». Déjà, dans celle de Neyret, se dessinait une promiscuité presque consanguine, avec fascination réciproque, en couples, les uns fréquentant les autres au prétexte d’obtenir du « renseignement » pour « résoudre des affaires ». Et il se trouve encore de bons bourgeois pour estimer que c’est là du bon travail de judiciaire.

Ces fréquentations, c’est surtout un moyen de se faire sourcer les affaires juteuses qui vont arranger les copains et favoriser l’avancement par de belles manchettes de presse, comme le ferait n’importe quel petit commerçant. Ce serait amusant de savoir si l’indic et le grand flic, en plus des mêmes restos, fréquentaient aussi la même loge et se rendaient ces fraternels services sous le sceau du secret. On comprend bien que démanteler un réseau puisse représenter un travail minutieux, mais rien ne justifie qu’il puisse ne pas être rigoureux. Après tout, on pourrait étendre ces méthodes à toutes les affaires judiciaires, on pourrait commanditer des assassinats pour identifier des tueurs à gages ? Ordonner des attentats pour démasquer des terroristes ?

À travers ce énième scandale, c’est aussi une certaine culture d’État qui est mise au jour. Nos administrations sont désormais dirigées par ces gens de cabinet qui ne décident de rien, ne luttent pas. Non, ils observent, ils cherchent des tendances. Ils veulent savoir. Il leur faut tout connaître, se renseigner, être informé, pour garder le contrôle et manipuler les situations à leur avantage, d’élection en élection.

Les faits évoqués sont extrêmement préoccupants, car il faudra s’interroger sur ce que sont devenus les bénéfices des opérations téléguidées. On sait déjà que le financement de la vie n’a pas toujours des origines limpides. Imaginons une seconde qu’il soit narcotique.

Il faudra aussi ouvrir le journal Libération avec précaution, car pointer du doigt la brigade des stups, c’est faire avancer la cause. Dans ce débat imposé à la dialectique perverse, aucun choix n’est possible : c’est légalisation de la ou flics ripoux qui trafiquent.

De scandale en scandale, de crise en manifestation, d’impopularité en pénurie, de chômage de masse en confiscation fiscale, l’axe des planètes se rapproche de plus en plus. Elle seront bientôt alignées pour un grand nettoyage. De printemps ?

24 mai 2016

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