Pour le centenaire des combats de Verdun, 3.400 jeunes Français et Allemands ont couru et dansé au rythme du tam-tam entre les croix blanches d’un cimetière militaire. L’absence de Black M n’a pas nui au déroulé festif d’une chorégraphie conçue comme un « happening » publicitaire.

Le patriotisme et le bon goût également outragés par cette commémoration, certains ont parlé de profanation. C’est pire encore.

Ce que révèle cette excursion d’adolescents bondissant sur les tombes des soldats, c’est l’abdication du sens au profit du festif. À Verdun, les hommes ont « tenu » parce qu’ils ne voulaient pas voir d’Allemands conquérants dans leurs rues ou dans leurs fermes, parce qu’ils voulaient vivre à leur guise selon leurs lois. Vivre libres. Le refus de la soumission et du déshonneur valait bien la vie dans la boue et la mort par le fer. Nos poilus comme leurs adversaires préféraient le lion mort au chien vivant. Il faut croire que les valeurs se sont inversées.

Les commémorations permettent non seulement d’honorer les morts, mais aussi – et surtout par la manière dont nous les célébrons – de nous rappeler ce que nous sommes et ce que nous voulons être. Le spectacle donné répond de lui-même : du vent. Si les hauts faits des hommes ne signifient plus rien, quelle valeur ont-ils eux-mêmes ?

Voici qui prête à penser : un million et demi de Français sont morts pour empêcher des Européens chrétiens vivant dans un état de droit socialement plus avancé que le nôtre de prendre Paris. S’ils y étaient parvenus, le bouleversement dans la vie de nos concitoyens aurait-il été de moitié aussi important que celui induit par l’immigration musulmane de masse avec ses interdits, ses oukases et ses femmes voilées ? Nul ne veut poser la question, moins encore y répondre. Alors, on danse.

La France est devenue une boîte de nuit gérée par la CAF. On y vient, on en profite. On ne s’y intègre pas pour la bonne raison qu’il n’y a rien à intégrer. La nature ayant horreur du vide, le communautarisme se substitue au lien national rompu. C’est ainsi que commencent les grandes crises.

Simultanément, le président turc Erdoğan a célébré en fanfare les 563 ans de la prise de Constantinople. Nous n’irons pas le lui reprocher puisqu’il s’agit d’un événement fondateur de la nation turque. Relevons juste qu’une fois la ville prise, Mehmet II récompensa ses guerriers en leur livrant sa population chrétienne qui subit trois jours de pillages, viols et sévices en tous genres. Puis elle fut réduite en esclavage et vendue. Nulle contrition chez les Turcs contemporains qui entendent devenir une des dix puissances mondiales. « C’est ce qui sied aux petits-enfants du Conquérant », a dit leur président devant la foule rassemblée.

Les Français, eux, doivent se contenter du tam-tam devant l’ossuaire. C’est à pleurer mais aussi à serrer les poings car la colère d’aujourd’hui porte les promesses de demain.

31 mai 2016

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