Editoriaux - Politique - Société - 20 novembre 2016

La France de droite a choisi notre prochain Président : François Fillon

Nous écrivions, hier, qu’il y aurait un mort ce soir. Mais il y en a deux : MM. Juppé et Sarkozy, tous deux nettement distancés par M. Fillon. Il y en a même un troisième, mais celui-là, on le savait moribond depuis longtemps : c’est M. Hollande et, au-delà, la gauche.

La primaire de la droite et du centre a donc tenu ses promesses, au-delà de ce qu’on pouvait imaginer. Elle a mobilisé massivement, s’est correctement déroulée et, surtout, elle a nettement placé en tête un candidat : M. Fillon. Ce soir, avec une telle avance, il est certain que M. Fillon sera notre prochain président de la République.

Pourquoi ce succès, qui l’assure de l’emporter dimanche prochain et en mai 2017 ?

M. Fillon a, d’abord, bénéficié des faiblesses et des erreurs de ses deux concurrents. MM. Juppé et Sarkozy avaient tous les deux choisi un très mauvais positionnement, inadapté pour un premier tour de primaire. M. Juppé, avec son ouverture à gauche et au centre, se voyait jouer le second tour de la présidentielle, oubliant qu’il fallait d’abord mobiliser l’électorat de la droite traditionnelle. M. Sarkozy, lui, s’adressait à deux groupes incapables de peser sur la primaire : les militants LR, noyés dans la masse, et le peuple, qui ne s’est pas déplacé et qui a trouvé pour le printemps une candidate plus sincèrement populiste que lui : Marine Le Pen.

Inversement, M. Fillon a attiré à lui des segments de la droite indispensables, et négligés par ses adversaires. Le monde de l’entreprise et des affaires a été séduit par son programme fortement libéral, là où les propositions de ses rivaux restaient en demi-teinte. La droite catholique et conservatrice, avec le ralliement de Sens commun, entre autres, l’a jugé le plus crédible face à la désinvolture et de M. Juppé et de M. Sarkozy sur les questions sociétales, notamment la loi Taubira.

Mais, plus profondément, c’est la personnalité et le parcours de M. Fillon qui ont joué en sa faveur. Son calme, son souci de vérité, sa loyauté pendant le quinquennat de M. Sarkozy, sa façon de rester lui-même sans céder aux modes médiatiques, contrairement à ses deux concurrents, ont vraiment rassuré la droite traditionnelle.

Car, ce dimanche, cette France a cherché notre prochain Président, celui qu’elle a senti le plus capable de mettre fin à l’idéologie destructrice de la gauche, à la démagogie du Front national et aux errances de la droite.

En choisissant nettement M. Fillon, la France de droite a remis clairement le curseur idéologique de cette famille politique là où il aurait dû rester : à droite, libéral en économie, conservateur sur les sujets de société.

Mais, désormais, une fois la formalité de l’élimination de M. Juppé acquise dimanche prochain, deux attendront M. Fillon, à la fois pour la campagne des présidentielles, qui est en fait lancée dès ce soir, et pour son quinquennat qui, d’une certaine façon, commence aussi ce soir.

D’une part, il nous a dit que son programme était un bloc, à prendre ou à laisser. Mais cela vaut aussi pour lui. Cette France de droite qui l’a massivement adoubé saura le lui rappeler. Trop souvent trompée par les renoncements économiques et sociétaux de ses derniers représentants – MM. Juppé et Sarkozy en tête -, elle attend que M. Fillon soit, lui, fidèle à ce programme.

D’autre part, l’élu de la droite bien élevée et bien assise qu’est, ce soir, M. Fillon se devra de répondre aux aspirations sociales et identitaires du peuple qui n’est pas venu voter à la primaire mais qui, n’en doutons pas, s’exprimera fortement au printemps 2017.

À lire aussi

Masques : la discrète revanche de Roselyne Bachelot et ce qu’elle nous dit de la gauche et de la droite

On peut avoir été agacé par le personnage de Roselyne Bachelot, ses prises de position con…