Suite aux élections communales en Belgique, le 14 octobre, le parti indépendantiste flamand classé bien à droite de l’échiquier politique, la NVA de Bart de Wever, rafle la mise avec des scores allant de 20% à 30% et prend la direction de la mairie d’Anvers avec près de 38%.

Ce véritable coup de bélier met à mal la coalition gouvernementale déjà bien affaiblie de Di Rupo car composée de partis flamands et wallons. Sentant le vent tourner et ne voulant pas être largués, les autres partis flamingants vont être tentés de se radicaliser aux dépens de l’unité belge.

Défendant le principe d’une Flandre indépendante au sein d’une Europe des régions, Bart de Wever savoure sa victoire qui lui permet de se rapprocher de cet idéal promu par les autorités européennes où les régions à forte identité pour certaines (Catalogne, Pays basque, Ecosse…), ou des « régions technocratiques » pour d’autres (ex : Rhône-Alpes) échappent à la tutelle nationale pour se greffer à l’autorité supranationale de Bruxelles.

Le phénomène s’emballe pour toutes les régions de France qui vont obtenir le droit de gérer les Fonds structurels (manne financière) directement en liaison avec l’UE sans passer par l’intermédiaire de l’autorité nationale. C’est déjà le cas de l’Alsace, véritable laboratoire, qui, depuis 2003, échappe à l’autorité politique française pour s’adresser directement à Bruxelles ainsi qu’aux lobbies.

Cette féodalisation en cours détricotant l’unité nationale va dans les moindres détails puisque le Conseil régional alsacien a une adresse internet se terminant en .eu et non .fr comme c’est (encore) le cas pour les autres Conseils régionaux français.

Ce phénomène en Europe s’accélère dans le cas belge ce qui fait dire, avec raison, à Bart de Wever que « La Belgique finira par s’évaporer entre l’Europe et les régions. » Cette formule résume l’évolution générale en cours pour tous les États de l’UE car la promotion d’un régionalisme supranational et technocratique en liaison avec son corollaire ethnique conduit directement au démantèlement des États considérés comme des fossiles par les tenants du mondialisme bruxellois favorables à l’instauration d’une gouvernance mondiale.

La crise qui frappe l’Europe n’est que l’accélérateur d’un long processus de décomposition des États voulue par l’oligarchie. Ces caractéristiques communautaristes vont très loin puisqu’elles ont abouti à l’inauguration, le 16 février 2012, d’un Parlement juif européen composé de 120 membres dans les locaux mêmes du Parlement européen de Bruxelles.

Cette promotion de l’ethno-régionalisme est un principe ancien. Déjà, le Traité de Versailles en 1919 promouvait cet idéal de parcellisation ethnique comme l’a prouvé la magnifique thèse de Nathan Feinberg (« La question des minorités à la Conférence de la paix de 1919-1920 », thèse de 1929 et disponible sur internet) qui explique — textes officiels à l’appui — le rôle des B’nai B’rith, du Président de la cour suprême des États-Unis, Louis Brandeis, en liaison avec le Président Wilson pour instaurer un ordre ethnique en Europe.

Cet idéal n’a fait qu’être repris par les tenants du mondialisme bruxellois, en particulier, la Paneurope Allemagne par l’intermédiaire de supplétifs comme Herbert Kohn, Theodor Veiter, Rolf Gossmann, Alfons Goppel, le comte Ludwig von Stauffenberg ou encore Siegbert Alber (charte des langues régionales et convention-cadre pour la protection des minorités) en liaison avec des Catalans, des Galiciens, des Basques, des Flamands ou des Friouls-Vénitiens.

Les féodaux à la tête des régions s’en donnent désormais à cœur joie pour asseoir leur autorité aux dépens des États. Ils sont prêts aux alliances les plus incroyables pour arriver à leurs fins. Le cas est particulièrement révélateur avec le parti gauchiste mondialiste « les Verts » de Daniel Cohn-Bendit au Parlement européen. En fait, les Verts sont associés à un autre parti regroupant une trentaine d’organisations régionalistes indépendantistes : l’Alliance Libre Européenne (ALE). Dans cette liste, on y trouve des partis indépendantistes qui sont déjà au pouvoir dans leurs régions comme le SNP écossais, ou particulièrement actif comme l’ERC au Parlement régional de Catalogne. Le président de l’ALE s’appelle Eric Defoort. En liaison avec les Verts, il est tout simplement le co-fondateur de la NVA de Bart de Wever, parti inscrit dans la liste des membres adhérents de l’Alliance Libre Européenne.

Comme on peut le constater, les étiquettes politiques « droite/gauche » n’ont plus de sens…

Pour le plus grand bonheur du mondialisme triomphant.

16 octobre 2012

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