Le Président de la République doit montrer qu’il a confiance en l’avenir et qu’il a confiance en lui-même. C’est la moindre des choses s’il veut obtenir celle des Français. Mais de là à annoncer que la est bientôt finie, cela tient beaucoup de la méthode Coué. Cela rappelle, en tout cas, un bien mauvais souvenir, celui du Président américain Hoover qui, en 1929, croyait apercevoir « la prospérité au coin de la rue ». On connaît la suite.

On voit mal aujourd’hui d’où pourrait venir la reprise sans un véritable assainissement des finances publiques qui suppose une réduction drastique des de l’État et des collectivités locales, sans le retour à la compétitivité que le gouvernement lui-même ne prévoit pas avant 2014. Au mieux. Parce qu’un crédit d’impôts ne sera jamais aussi efficace qu’une réduction des charges.

L’argument ultime consiste à expliquer que la France n’est pas en récession (+ 0,2% de ). Mais c’est la qui menace, comme dans les pays du sud de l’Europe. Ou plutôt, un retour au réel, quand après avoir abusé, en termes de prêts, d’investissements improductifs, de dépenses en tous genres, d’une monnaie forte, l’euro, qu’on ne méritait pas puisque sa valeur est garantie par la santé du commerce extérieur d’une poignée d’États européens, dont l’ bien sûr. Les peuples européens sont en train de découvrir aussi qu’ils ne peuvent plus maintenir leurs modèles sociaux, plutôt confortables dans l’ensemble jusqu’à ces derniers temps, immergés qu’ils sont désormais dans la concurrence mondiale exacerbée.

Cela veut dire encore que, aujourd’hui, ne fait pas de la relance qui veut dans une ouverte et dérégulée. Sauf à vouloir stimuler les importations. Surtout, la liaison entre croissance et travail n’est plus aussi manifeste qu’au temps des industries manufacturières. La plupart des emplois générés de nos jours par le service à la personne, les activités culturelles, et tout ce qui touche à la , à la santé, ne sont pas productifs. On est donc loin de pouvoir retrouver la boucle vertueuse de la croissance d’antan.

Plutôt que de laisser entrevoir une sortie de crise qui ne viendra pas, dans le contexte mondial dans lequel on s’est mis, et compte tenu que l’Allemagne elle-même risque fort d’être entraînée dans la galère par la récession de tous les autres, il serait préférable de parler vrai. Et de préparer les Français et tous les Européens — parce que plus rien de décisif ne peut être entrepris au seul niveau national — aux mêmes efforts et au même élan collectif. Sinon, notre Président connaîtra la même désillusion que Monsieur Hoover !

18 novembre 2012

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