Je reviens de la gare. J’ai pris des billets de train pour me rendre à Paris le 26 mai. C’est cher. Même avec la réduction famille nombreuse. Oui, j’irai en famille comme les dernières fois avec nos pancartes, nos Gwenn ha Du, nos sweat-shirts séditieux. Je pourrai embrasser ma mère qui y sera avec son mari qui est aussi mon père. J’y retrouverai des amis, des connaissances. Vous savez, ceux que l’on ne voit jamais sur les plateaux de télévision. Ceux qui aiment les danses populaires et les langues régionales.

Une fois de plus donc, nous ferons le déplacement à Paris pour signifier au président de la République notre désaccord profond et définitif avec le « changement de civilisation » que lui et ses amis prétendent nous imposer.

Les organes de concertation s’étant déclarés « incompétents » — ce qui, au passage, devrait nous permettre de faire quelques économies… —, la représentation nationale ayant failli dans son rôle d’expression de la volonté populaire, les partis politiques étant incapables d’exprimer avec clarté la pluralité des opinions, le peuple se déplace et vient voter avec ses pieds. Déterminé.

J’entends les sarcasmes des bourgeois et des progressistes. À quoi bon ? C’est voté, n’est-ce pas ? « Est-ce bien la priorité du moment », interrogeront les premiers. « Vous n’êtes pas dans le sens de l’Histoire ; aujourd’hui, le monde entier marie les homosexuels », serineront les seconds.

À la résignation des premiers, je réponds par le mépris. La famille, les familles françaises préexistent à l’État. Rien ne justifie ce bouleversement de la filiation. C’est de l’équilibre et de l’avenir de notre pays qu’il s’agit. L’état lamentable de la société française contemporaine exige de la part des femmes et des hommes de bonne volonté de reprendre les affaires de la France en main. Les scènes insupportables d’émeutes parisiennes, ces derniers jours, ont montré l’impéritie de nos dirigeants. Un vote par ces gens n’a aucune valeur. Le modèle familial que nous défendons est un des éléments fondamentaux de stabilité sociale. Il mérite plus que tout d’être défendu.

Au mensonge des seconds, je réponds pollution, crise financière, délocalisations. Voilà où votre sens de l’Histoire nous a menés. Des mers salies, des rivières dans lesquelles on ne peut plus pêcher, des glaciers ravagés par le tourisme de masse, des femmes et des hommes ruinés, jetés à la rue par la cupidité des puissants.

C’est d’écologie humaine, pour reprendre l’heureuse expression de Tugdual Derville, que je parle. Je n’accepterai jamais que l’on trahisse la nature humaine. Je n’accepterai jamais que, dans mon pays, des femmes pauvres soient réduites à l’état de « ventre à riches ». L’idée d’un commerce des enfants m’est insupportable.

J’irai donc à Paris le 26. J’ai même pris quelques jours de congé ; on ne sait jamais… Je n’ai rien à gagner. Je ne défends aucun acquis social ou avantage personnel. Je n’ai que des coups à prendre. Tout cela n’est rien en regard du défi que nous lancent Taubira, Peillon et les autres.

« Mariage pour tous », « théorie du genre », « arracher les enfants à tous les déterminismes de la famille, de la culture et de la religion… » Même pas en rêve !

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