Une fois n’est pas coutume, les acteurs de l’élection du président de l’UMP devraient observer ce qui s’est passé au Front National après l’élection en 2011 de sa présidente Marine Le Pen …. car un Bruno peut en cacher un autre.

Cette comparaison conduit à relativiser, dans ses conséquences, le bon résultat de le 29 novembre.

Dès l’annonce des résultats, les commentateurs des chaînes de télévision ont centré leurs propos sur les 29% obtenus par Bruno Le Maire, ils en ont fait (comme lui-même) le héros de cette élection : en un instant il était devenu le vrai vainqueur, celui qui va peser, l’homme incontournable avec lequel devra constamment composer.
Il est exact que Bruno Le Maire a fait une campagne très active et que 29 % est un bon score compte tenu de sa notoriété assez moyenne il y a six mois. Cela lui ouvre-t-il un avenir de premier plan ?

Revenons à l’élection F.N. de 2011 : face à Marine Le Pen, qui était la grande favorite pour cette présidence quasiment héréditaire, Bruno Gollnisch a recueilli 32 % des voix. C’était un excellent score. Pour autant, est-il devenu un homme incontournable du F.N. avec lequel Marine Le Pen devrait sans cesse composer ? En fait, depuis trois ans, le rôle de Bruno Gollnisch est assez effacé et c’est Marine Le Pen qui tient la barre sans conteste.

Bien entendu, Bruno Le Maire gardera une audience au sein de l’UMP, mais elle sera difficile à exploiter : s’il venait à contrer le président en exercice, il serait aussitôt suspecté de recréer les divisions dont l’UMP a failli mourir.

Quant à Nicolas Sarkozy, qui rêvait peut-être d’un meilleur score que 64,5 %, il peut avoir une double satisfaction à l’issue de ce vote des adhérents UMP :
– d’abord son élection au 1er tour avec près de deux voix sur trois est un résultat remarquable pour un homme qui revient d’une défaite en 2012, d’une semi-retraite, et qui a exercé le pouvoir suprême pendant cinq ans en suscitant forcément des mécontentements et des déceptions même chez ceux qui l’ont alors soutenu ;
– ensuite, il pourra mettre à profit l’aura toute nouvelle du quadra Bruno Le Maire pour estomper celle récente du sexagénaire Alain Juppé susceptible de faire de l’ombre, même s’il a lui aussi exercé le pouvoir …. mais il y a si longtemps que les électeurs ont oublié les vifs mécontentements qu’il avait alors suscités, de sorte qu’il passerait presque pour un homme aussi neuf que Bruno Le Maire.

"Diviser pour régner" est une vieille formule qui a fait ses preuves.

On peut compter sur l’habileté de Nicolas Sarkozy pour diviser les ambitions afin de faire l’union autour de lui, voire derrière lui.

À lire aussi

On aimait Jacques Chirac… malgré ses 7 péchés capitaux !

Il est dommage que ce bilan ait été entravé par sept décisions… …