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Editoriaux - Entretiens - Politique - Société - Table - 16 août 2015

La droite absolue

Dans ce méandre politique, c’est vers la source historique qu’il faut remonter. La droite fut la partie de l’hémicycle où siégèrent les royalistes le 11 septembre 1789, pour préserver au roi son droit de veto, et par là, tout un ordre du monde. Les autres membres de cette assemblée formeraient dès lors, la gauche. L’historien René Rémond décrit dans son étude référence, le cheminement particulier des mouvements qui s’installèrent à droite sur l’échiquier, et souligne que tous avaient vu le jour… à gauche, avant de gagner le camp adverse au gré des événements, ceci à l’unique exception de la droite absolue. Depuis leur lointaine éclosion, les idées et doctrines ont fleuri, fané, parfois germé sur le versant opposé, néanmoins, entre gauche et droite subsistent des divergences fondamentales comme l’analyse le politiste François Goguel : « sur le sens de la vie, la nature de l’homme, les fins des sociétés. ». En somme, la droite véritable a pour patronyme la monarchie, cadre originel au sein duquel ses valeurs et principes s’épanouissent.

« La République n’est pas le régime qui convient à la France. Si la France doit vivre, alors la monarchie aura son rôle. », confiait le général de Gaulle au comte de Paris, durant leurs entretiens. La Constitution de la Ve République fût sculptée conformément au canon du génie national et, si les conditions étaient un jour réunies ou que des circonstances le précipitaient brutalement, s’accomplirait alors le dessein monarchique ébauché. Le Système s’attela à la destruction de l’édifice gaullien, y injecta des lois et reformes empoisonnées jusqu’à mutiler la nation. Aujourd’hui, le régime au dossard arraché n’est plus qu’une république en perdition, nul n’incarne la France éternelle et sa vocation, cette légitimité absente est la cause majeure de l’errance de la patrie et de ses maux.

La monarchie demeure une institution meurtrie, jamais cause ne fût aussi mal défendue que lorsque l’on voulut l’enfermer dans une idéologie. Cependant, dans le trouble contemporain, elle pourrait entrer de nouveau en résonance avec le cœur des Français. Jean Raspail, le grand écrivain royaliste de notre temps, est comme chacun le sait l’auteur du célèbre et prophétique Camp des Saints, mais également d’un ouvrage peut-être plus important encore (Sire), livre précieux, telle une réponse providentielle au cataclysme qu’il annonçait précédemment. L’un de ces signes qui, dans la nuit du royaume, œuvrent à la salutaire réconciliation des Français avec la France.