Dans un article intitulé « Faut-il renoncer à la démocratie ? », compare le système démocratique italien qui peine à mettre en place un gouvernement, avec deux systèmes résistant au temps, sans contraintes à court terme, ni souci de réélection : l’élection du pape François au Vatican et celle du président Xi Jinping en Chine.

est un homme intelligent mais peu habile à choisir un titre, car l’article n’explique pas s’il faut ou non renoncer à la démocratie, mais décrit comment la sauver. Maladresse ou imposture de celui qui établit le postulat qui l’arrange ? À la différence de Bertolt Brecht qui proposait de changer le peuple s’il ne votait pas comme il faut, Jacques Attali suggère de créer des assemblées consultatives, composées de gens choisis (par qui ?) en charge de conseiller les pouvoirs démocratiques sur l’importance des enjeux du long terme. Il ose citer en exemple le Conseil économique, et environnemental (CESE) qui s’est illustré récemment sur le sujet du mariage gay.

Je souhaite aborder trois points…

Primo, est un homme intelligent mais n’a pas le sens pratique : il n’aborde pas la question du coût de ces structures (environ 40 millions d’euros par an pour le CESE). Sommes-nous aujourd’hui suffisamment riches pour financer la multiplication de ces comités Théodule ?

Secundo, est un homme intelligent mais ne regarde pas autour de lui : il semble ignorer qu’il existe déjà de nombreux groupes de réflexion ayant pour vocation de réfléchir au long terme et d’influencer les gouvernements. Le Grand Orient très bien représenté à la tête de l’État, la French American Foundation ou Terra Nova, pour ne parler que des plus visibles. Doit-on en conclure que ces officines se révèlent incompétentes ?

jacques-attali_237Tertio, Jacques Attali est un homme intelligent mais il a probablement séché les cours d’histoire. Dans sa recherche d’alternative à la démocratie, il n’évoque pas le système ayant duré le plus long temps de notre histoire, au cours duquel la suprématie de la France s’est imposée dans le monde entier, un système reposant sur la transmission et le long terme, sans souci de réélection. Comme disait le regretté Pierre Desproges : « la Bastille était quasiment vide lorsqu'une brassée d'excités la prit vaillamment d'assaut un jour d'été 1789. C'était la révolution des bourgeois. Ils sont toujours au pouvoir. » Et ils souhaitent le conserver en défendant la démocratie !

Jacques Attali propose la mise en place d’un système méritocratique en parallèle aux institutions démocratiques et conclut : « Si on veut sauver l’essentiel de la démocratie, c’est à de telles audaces qu’il faut commencer à réfléchir. » Jacques Attali est un homme intelligent, mais n’est pas helléniste : en démocratie, si audace il doit y avoir, elle doit venir du peuple. N’est-ce pas d’ailleurs ce qui est en train d’arriver ? Mais Jacques Attali n’est jamais dans la rue…

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6 avril 2013

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