La culture des ténèbres se porte bien, en France

Capture d'écran YT
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Les organisateurs du Hellfest n’en reviennent pas : ce 9 juillet, il n’aura fallu que 25 petites minutes pour vendre en ligne les 55.000 passes quatre jours pour l’édition 2025. Pourtant, le prix affiché était dix euros plus cher que la saison dernière, autrement dit 339 euros pour les quatre jours. « Il y a encore plus d’engouement que l’an passé. C’est la première fois qu’on vend tous les billets aussi tôt dans l’année », se félicite Éric Perrin, le responsable de la communication du festival metal de Clisson (Loire-Atlantique), dans Le Parisien.

 

 

Si les artistes de cette 18e édition ne sont pas encore annoncés, que la programmation est en cours, le festival est décrit par Corentin Charbonnier, dans sa thèse, « comme lieu de pèlerinage », voire « un moment de réaffirmation de l’identité des métalleux, de dévotion envers les artistes. C’est clairement un rite de passage pour tout métalleux qui se respecte. » Dévotion ou pèlerinage, Philippe de Villiers ne leur donnait pas le Bon Dieu sans confession, il y a quelques années, accusant le festival d’être « sataniste et violent ». Croix renversées, blasphèmes, paroles haineuses : malgré les indignations que ces actes suscitent régulièrement, les organisateurs répondent laconiquement « folklore » et « liberté d’expression ».

Une exposition vite retirée

Même esprit, en Normandie cette fois. Le 29 juin, l’exposition « Trylobite » prenait ses quartiers au sein… d’une église ! Faisant soi-disant référence « au rêve et à la mort », cette exposition représentait des œuvres fantasmagoriques jugées par certains visiteurs, sur les réseaux sociaux, comme « sataniques, démoniaques ou diaboliques ». Devant la polémique suscitée, en plus de l’intervention du diocèse de Rouen pour qui l’exposition « met en scène la mort et des animaux fantasmagoriques dans le lieu qui, pour les chrétiens, célèbre le Dieu vivant, Jésus Christ », les œuvres ont bien vite été décrochées une semaine plus tard. Une déception pour l’artiste, qui n’a pas vu le mal : « J’ai vécu beaucoup de choses en vibration avec la religion et je ne vois pas vraiment le problème », confiait-il à BFM TV.

Pire : cet artiste: Jérémy Lebouteiller, dénonçait, amer, « un délire collectif, de l’obscurantisme » sans voir la provocation que pourraient représenter ses bêtes à cornes érigées dans une église. In fine, une messe de réparation doit être célébrée. Ainsi, l'Église prévoit dans son code canonique que « les lieux sacrés sont profanés par des actions gravement injurieuses qui y sont commises au scandale des fidèles et qui [...] sont si graves et contraires à la sainteté du lieu qu’il ne soit pas permis d’y célébrer le culte tant que l’injure n’a pas été réparée par le rite pénitentiel ».

Une affiche représentant des églises en feu

Autre lieu, même obsession. C’est à l’approche de la Toussaint, que l’on confond souvent à tort avec la fête des morts, que se déroulera, cette fois à Toulouse, l’opéra de rue La Porte des ténèbres, du 25 au 27 octobre. En espérant que les pauvres enfants confrontés à ces lugubres mises en scène ne fassent pas de cauchemar, trois machines géantes déambuleront dans plusieurs lieux de la ville rose : le Minotaure Astérion, l’araignée géante Ariane (qui mesure 20 mètres de large lorsqu’elle étend ses pattes) et la Gardienne des Ténèbres. Malgré le titre de ce nouvel opus, La Porte des ténèbres, le spectacle ne serait pas funèbre, au contraire, « il sera sombre et joyeux, même si une brume noire va s’abattre sur la ville rose. Les Toulousains ne risquent rien, Astérion, le gardien du Temple est là pour les protéger », assure François Delarozière, le directeur artistique.

Pour autant, l’affiche de cet événement culturel illustre, là encore, des bêtes à cornes, un univers morbide et des églises en feu. Une iconographie que l’abbé Simon d’Artigue, prêtre toulousain, décrit, sur X, comme « diabolique », ironisant sur le message « plein d'espérance pour notre ville et notre pays... »

Aux antipodes du bien, du beau et du vrai auxquels nous aspirons pourtant pour vivre en paix, nous sommes régulièrement inondés de haine, laideur, noirceur ; une culture de mort imposée sous couvert de folklore. Et après, l’on s’étonne en France de tant de violence...

Iris Bridier
Iris Bridier
Journaliste à BV

Vos commentaires

34 commentaires

  1. C’est étrange cette obsession des églises en feu ?
    Il y a mieux comme message d’amour
    Et pourquoi pas des mosquées ou des synagogues en feu?
    Imaginez là le scandale
    On s’étonne des incendies à répétition bien réels des églises de France : Paris Nantes et maintenant Rouen
    A se demander s’il n’y a pas les adeptes de ces sectes infiltrés dans les entreprises de restauration de monuments…

  2. Le cadre du débat se résume en deux lignes:
    a) pour faire fonctionner une civilisation, il faut un logiciel laïc, d’essence divine: c’est la Règle de Saint Benoit, à la fois manuel de management et précis de procédure pénale, synthèse du droit romain, de la philosophie grecque et des deux testaments;
    b) pour détruire une civilisation, il faut un logiciel laïc, d’essence satanique: c’est la Franc-Maçonnerie [je l’ai combattue 4 décennies].
    Si vous parvenez à faire comprendre ceci à Mr Éric ZEMMOUR, c’est le KO assuré .

  3. Iris, vous qui êtes au cœur des turbulences afin de nous en rendre compte, vous savez très bien que sous macronie tout un volume de nouvelles définitions est apparu. Il y a haine « propre » et haine « sale ». L’ARCOM par exemple chasse essentiellement la haine sale, C8 et CNEWS en savent quelque chose. Mais cet organisme ignore totalement ce qui se dit et se fait par ailleurs . L’ARCOM sanctionne ce qui se murmure avec moultes hésitations devant des personnes d’un niveau culturel qui les rend aptes à comprendre et à lire entre les lignes donc capables de jugement. Mais l’ARCOM néglige totalement ce qui se fait et s’agite devant des personnes à douter de leur niveau intellectuel donc handicapées en matière de compréhension. La haine de masse, pas connue. La police tue, un air folklorique. C’est du profond progressisme à la mode macronienne. S’il vous dit que c’est blanc, croyez le bien, c’est noir.

  4. Je vois plutôt dans ces rassemblements festifs, bruyants, déjantés, euphoriques, une grande vitalité, le besoin de décharger son énergie au sein d’une « fraternité ». Energie de la jeunesse … et pas que. Et manifestement, qui ne demande qu’à s’investir. A nous d’apporter un idéal dont puissent s’emparer tout ces gens qui peuvent bien s’interroger sur le sens de la vie. A ce jour, nous n’en avons guère été capables: ce n’est pas chez Macron évidemment, ni hélas au RN qui reste essentiellement un recours protestataire. Quels discours enthousiasment . Mélenchon (re) hélas, il faut bien l’admettre. La balle est dans notre camp…
    Quant aux expositions « sataniques », et bien, pourquoi vouloir censurer? Que les églises soient respectées, je vous l’accorde, et que d’autres lieux soient proposés, très bien. Mais, SVP, ne vous enlisez pas dans des bondieuseries, obstinément si peu attractives. La faute à qui?

    • Il appartient à chaque être humain de chercher un idéal, et de donner un sens à sa vie. Encore faut-il être capable de penser et de réfléchir….
      La société apporte déjà beaucoup matériellement  » à tous ces gens  » qu’elle assiste peut-être un peu trop …. Elle ne peut pas  » penser  » à leur place….
       » Pour décharger son énergie au sein d’une fraternité « , le sport en équipe c’est pas mal…. Plus sain et moins glauque !

  5. La République a chassé la monarchie qui, elle, avait l’aide de Dieu puisque le Roi était sacré. La République préfère l’assistance du diable qui ne refuse absolument pas de la donner, exactement comme au Vatican. « France, fille aînée de l’Eglise, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême? »

  6. Je suis consterné par le contenu de cet article sur le Hellfest. Malheureusement, Iris tombe dans les travers de beaucoup de gens de gauche : jugement à l’emporte pièce et préjugés bien ancrés. La preuve, côté gauchistes, certains se réjouissaient sur les réseaux sociaux de l’organisation du festival pendant le premier tour des législatives car le public était jugé … facho !
    Pour être un adepte de ce festival, je confirme ce que Jean a dit. Il n’y a que très peu d’évènements réunissant plus de 300000 personnes sur 4 jours qui peuvent se targuer de bilan aussi positif. Pas de débordement, pas d’agression, une ambiance festive, une organisation incroyable, une population en grande partie CSP+, certainement plus orientée Le Figaro que Libé. Si des familles viennent y passer une journée avec leurs enfants, c’est qu’on n’est plus proche de Disneyland que des messes sataniques.
    C’est une vraie fête avec de l’entraide et de la bonne humeur, dont les plus anciens se désolent d’ailleurs de sa « gentrification » avec de plus en plus de curieux qui se croient à Coachella …
    Un ami de gauche m’avait dit « il n’y a pas beaucoup de diversité », ce à quoi je lui ai répondu en rigolant « c’est pour ça que ça se passe bien ». Ce qui m’a valu d’être traité de facho dans la seconde.
    Ce type d’article ne rend pas service à la droite qui va encore passer pour réactionnaire et à côté de a plaque. BV mérite mieux.
    Iris, je vous invite à prendre une place l’année prochaine pour une journée pour juger sur place, je me ferai un plaisir de vous faire découvrir cette culture. Et vous prendrez beaucoup moins de risques que lors d’une balade seule dans les rues de beaucoup de ville aujourd’hui. Les pass 1 journée seront en vente en janvier

  7. Bien pris connaissance du commentaire de M. Yersin. Je ne doute pas de sa sincérité. Mais ayant consulté également l’article à charge de Citizen.go contre ce festival, mes doutes demeurent. En effet, comment faire abstraction des symboles anti-chrétiens lors de cette manifestation « musicale » ? De son titre qui fait carrément allusion à l’enfer ? Je m’en tiens donc aux recommandations classiques disant que c’est sous couvert des meilleures apparences que le Diable séduit le mieux.

  8. Fervent lecteur de Boulevard Voltaire depuis de nombreuses années, je me permets d’apporter un bémol sur sur cette hargne anti metal de l’article et les réactions de certains lecteurs dans leurs commentaires.
    Je suis un fervent « metalleux » suisse de 60 ans, j’écoute ce style de musique depuis mon adolescence. J’ai pu suivre l’évolution de ce courant musical quasiment depuis ses débuts, et je m’en accommode très bien.
    J’ai fréquenté le Hellfest pendant quelques années jusqu’en 2022 et à chaque édition j’y ai trouvé une convivialité que l’on ne trouve nulle part ailleurs
    L’ambiance y est chaleureuse, sans aucune agressivité et je n’y ai vu aucune rixe, même les gendarmes avec lesquels je discutais me confirmaient que c’était pour ainsi dire des vacances pour eux.
    Pas mal pour des « satanistes » infréquentables et haineux que nous sommes!
    Nous ne mangeons pas encore de nouveaux nés, et vu la décadence morale de notre société, les vierges à immoler se font de plus en plus rares!
    Malgré nos tenues, nos tatouages et autres joyeusetés du genre, nous nous sommes toujours comportés en personnes civilisées et respectueuses d’autrui et la population de Clisson n’a jamais eu à se plaindre de vandalisme et d’incivilités de notre part.
    Il est clair qu’il se trouve comme partout ailleurs des brebis galeuses, à l’instar de certains groupes qui incendient des églises en Norvège, ceux-ci sont une infime minorité d’imbéciles et automatiquement marginalisés par nous.
    Sachez que la grande majorité des adeptes du Metal sont des gens au bénéfice de CDI ou des indépendants dont le statut social ne fait aucunement d’eux des marginaux.
    Je me demande si votre journaliste a mis un jour les pieds au Hellfest, apparemment pas. Alors, de grâce arrêtez de faire un faux procès et de chercher des poux où il n’y en a pas, arrêtez d’être des toutologues, fichez-nous la paix et ciblez plutôt le rap et leur idéologie toxique qui est en train de gangrener la société (haine de la France, haine de la police, violence tout azimut, apologie du sexe et de la drogue, islamisation….), vous en avez d’ailleurs eu récemment un triste exemple avec le clip nauséabond « No pasaran », à l’occasion du second tour des législatives.
    Pour finir, je suis un chrétien protestant, croyant, je m’efforce chaque jour d’être un meilleur chrétien par mes actes plutôt qu’en respectant des règles imposées par tout religieux que ce soit, ce qui ne fait pas de moi une punaise de bénitier, ni un allumé du goupillon !

    • Complètement d’accord avec vous et JGA, ne tombons pas dans les idées toutes faites et les généralisations. On peut aimer hard rock et métal tout en étant propre sur soi et dans sa tête (je rêve d’y aller ! et je ne vote pas à gauche…). Et les représentations du « hell » font effectivement partie du folklore pas plus méchant que les fantômes d’halloween. Bien sûr quelques éléments excessifs existent comme partout dans toutes les formations, et sont évidemment à écarter. C’est comme toujours l’excès qui crée le problème.
      Par contre, pour ce qui est des églises et autres lieux de culte il est évident que ce sont des lieux à respecter. Mais au fait, qui a donné l’autorisation pour l’exposition ?

  9. Cette culture des ténèbres n’est elle pas induite par le président machiavélique qui dirige le pays ? Quelles sont donc ses principales lois dont il est tellement fiers ? L’avortement inscrit dans la constitution et l’on parle même de l’autoriser jusqu’à la veille de l’accouchement pour « situation de détresse de la mère ». Le projet de loi autorisant l’euthanasie pour les gens qui souffrent : cela coûtera moins cher à la sécu, évidemment. Mais tout aussi évidemment, cette euthanasie ne sera pas proposée aux violeurs, aux égorgeurs et autres barbares criminels de toute sorte je suppose ….

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