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Coronavirus - Editoriaux - Santé - 23 mai 2020

La Commission européenne épingle la France pour la gestion de la pandémie

Dans ses recommandations, la Commission européenne vient de mettre en lumière les « lacunes » de la France dans la gestion de la pandémie, et lui demande de « renforcer la résilience de son système de santé ».

Outre la France, l’Espagne, la Belgique, l’Italie et le Royaume-Uni subissent les critiques de la Commission. Problèmes de coordination, impréparation, pénurie de produits indispensables, insuffisance des investissements, gestion trop bureaucratique et inefficace : la Commission s’est montrée très dure avec ces pays.

Dont la France. Or, la France a cette particularité que ses dépenses de santé sont les plus lourdes, parmi les pays cités comme défaillants. Selon une étude de l’OCDE, la France consacre 11,3 % de son PIB à la santé, contre moins de 7,5 % pour l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni. Une différence énorme qui, à l’échelle de notre PIB, représente environ 80 milliards d’euros de dépenses en plus que tous ces pays. Et pourtant, nous ne faisons pas mieux. La lourdeur administrative, le dédale kafkaïen de réglementations et une gestion biscornue, qui répond plus à l’apaisement des syndicats qu’à la planification d’une vraie politique de santé, expliquent cette énorme défaillance. La France découvre, avec cette crise, qu’elle n’est pas le meilleur système de santé du monde : elle est seulement le plus coûteux système de santé du monde, et ce n’est pas la même chose.

Mais il est une défaillance en plus que la Commission n’a pas osé pointer, et qui nous distingue des autres, c’est l’amateurisme de notre gouvernement, la communication catastrophique qui, au lieu d’éclairer les lanternes, n’a fait que créer de la défiance, de la panique, du soupçon, de la rancœur. Mensonges, revirements, pagaille dans les informations, au plus fort de l’angoisse, rien n’aura été épargné aux Français. Et au train où vont les choses, dans quelques semaines, soyons sûrs que c’est le déconfinement que la Commission pourra aussi critiquer…

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