J. K. Rowling, l’auteur de Harry Potter, et coulaient des jours heureux dans un lycée anglais. Leurs noms ornaient quelque fronton du bâtiment et, malgré la différence d’âge et des faits d’armes sans commune mesure, le couple filait le parfait amour. Jusqu’au jour où… patatras ! Les élèves imbibés jusqu’à la moelle de la progressiste décident que ces deux personnages ont des opinions intolérantes. L’un pour avoir « promu le et les inégalités, emprisonnant et torturant injustement », comme il fut écrit sur une lettre envoyée aux parents, l’autre, la maman de Harry Potter, pour ses commentaires sur la communauté trans. Des noms porteurs de tant de méchancetés ne devaient plus figurer sur les murs de la Seaford Head Scool. L’intolérance devenait intolérable. La fameuse embrouille des censeurs agissant au nom du bien. Le concept qui a fait ses preuves.

Un parent, qui a souhaité garder l’anonymat – la crainte du camp de redressement -, fait aimablement remarquer à ces ados culs bénis du politiquement correct que Churchill « nous a aidés à combattre le mal de l’ nazie. Il mérite sûrement d’être honoré pour cela. » Ach! Gross dissident ! La voix de Gérard Jugnot, le collabo de Papy fait de la résistance, résonne à nos oreilles. Le lycéen extrêmement gauchiste endosse le manteau de cuir noir de Ramirez et fait régner la terreur intellectuelle sur son environnement scolaire. Spectateur assidu de Harry Potter dans sa tendre enfance mais censeur de sa créatrice dès les premiers boutons éclos. Antifacho résolu mais chasseur de celui qui contribua à leur anéantissement. Pas à un contresens près. Totalement perturbé par le bourrage de crâne en vigueur, l’ado se fait suiveur non comprenant. Concept également très en vogue.

Dans l’Angleterre de 2021, malgré quelques réticences, le résistant file doux. Après avoir formulé son désaccord en termes choisis : « Ces icônes représentent parfaitement l’éthique de notre école, un ensemble de valeurs que nous tenons comme importantes et centrales dans nos croyances », la direction s’exécute et fait disparaître les noms de ces deux personnalités honnies par ce qui n’est sans doute qu’un mini-groupuscule d’élèves agités du bocal.

Et la question revient inlassablement, toujours la même : de quoi les décideurs ont-il peur ? Quelle foudre menace de s’abattre sur la tête de ceux qui refuseraient de se plier à ces injonctions tout droit sorties d’un asile psychiatrique ? Julien Rochedy traitait ce thème avec pertinence dans l’une de ses vidéos. En la matière, constatons, une fois de plus que la terreur ne règne que par la lâcheté de ceux qu’elle entend faire taire. Winston Churchill et J. K. Rowling n’auront pas d’enfants.

10 février 2021

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