La carotte et le bâton

On ne peut que se réjouir de l’accord signé à Minsk, et de l’action obstinée de François Hollande et d’Angela Merkel pour maintenir les États-Unis et l’OTAN hors des négociations ; malheureusement, on ne peut que craindre que cet accord ne soit pas respecté et que la guerre continue. Remarquons, au passage, la retenue de Vladimir Poutine. Si, à la suite des diverses provocations occidentales (projet de traité d’association avec l’Union européenne, coup d’État de Porochenko), il avait envahi l’Ukraine, bien sûr il y aurait eu des imprécations, mais qui aurait pu s’y opposer ? On ne peut qu’en déduire que Poutine n’a aucune envie d’annexer l’Ukraine et de prendre en charge ses dettes, son économie ruinée et son État failli.

Il n’empêche que c’est à la Russie qu’on applique le bâton des sanctions. Il y avait pourtant une façon bien simple de calmer le jeu et d’imposer une solution politique : l’Ukraine n’a plus un kopeck, si l’on peut dire. Madame Lagarde, présidente du Fonds monétaire international (FMI), dont on ne sait pas très bien qui elle sert, Dieu ou Mammon, les États-Unis ou l’Argent, vient d’accorder à l’Ukraine un prêt de 17,5 milliards de dollars sans condition et ce n’est pas le premier prêt. Comment peut-on espérer que l’Ukraine rembourse un jour ? Comme l’écrit Le Monde, pour “construire un État démocratique avec une économie qui fonctionne, une sorte de deuxième … l’Union européenne doit s’investir. Cela va coûter cher.”

Pourquoi, grand Dieu ? On a déjà la Grèce sur les bras. Qu’a l’Europe à faire de l’Ukraine ? Laissons ce pays failli, mafieux, corrompu à la zone d’influence russe avec la Biélorussie. Il fallait conditionner le prêt du FMI à la conclusion d’un accord ferme et définitif, laissant l’Ukraine hors de l’Europe. La carotte pour Porochenko, puis qu’on applique le bâton à Poutine. Il n’y a aucune raison de donner raison à Porochenko dont le pouvoir a été usurpé, plutôt qu’à Poutine qui défend les Russes d’Ukraine.

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