Editoriaux - Histoire - Justice - Société - Table - 20 mai 2016

La canaille rose et verte de 2016

Georges Bernanos fustigeait en 1931 de façon cinglante la « canaille dorée de 1740 ». Que dirait-il aujourd’hui alors que l’actualité se concentre sur la légitimité, ou non, de produire un concert de rap à Verdun ?

En réalité, la société actuelle dite postmoderne ne se propose même plus de durer. Tout n’y est orienté que vers la jouissance immédiate, la satisfaction des instincts les plus bas d’un peuple humilié par des repentances incessantes, avili par la pornographie, lobotomisé par une “déséducation” nationale tyrannique, coupé de ses racines et de ses élans par un consumérisme hédoniste frénétique.

Ce peuple qui fut libre (franc signifiant libre et noble) n’est plus maître de son destin ni de ses initiatives. De petits hommes gris qui fixent le prix de la betterave et ne sauraient pas faire pousser des radis règlent les moindres détails de sa vie quotidienne.

Ce peuple qui fut brave a interdiction de se défendre quand il est agressé. Le monopole de la violence doit, paraît-il, rester aux forces de sécurité plus promptes à verbaliser les excès de vitesse qu’à réduire les zones de non-droit dans les banlieues.

Des classes dirigeantes indignes, corrompues et coupées du réel, croyant sans doute que leboncoin est le nom d’un restaurant à la mode, rejettent un héritage qui les écrase parce qu’elles sont incapables intellectuellement de le comprendre et spirituellement de le vivre. Elles ont la haine de la transmission et de son support naturel : la famille. Incapables d’être réellement, elles se réfugient dans l’avoir. Les nobles idéaux qu’elles portent en sautoir sur leurs tabliers en peau de cochon cachent de plus en plus mal leur seul objectif qui est de « jouir sans entraves » du pouvoir et de ses délices.

Elles cumulent sous les ors de la République grasses prébendes et non moins grasses affaires de cul, et traitent avec arrogance et suffisance le petit peuple dont les réactions de survie ne sauraient être, selon elles, que « nauséabondes » pour les odeurs et « brunes » pour les couleurs. Ces gens ne connaissent du plus beau mot de la langue française (servir) que la forme pronominale : se servir.

Par-dessus tout, cette canaille rose et verte de 2016 qui laissera dans l’Histoire la trace de capotes douteuses et de seins flasques n’aura, en définitive, servi sous des noms divers que la libération de la braguette. Intraitable et brutale avec les doux de La Manif pour tous mais faible avec les violents des Black Blocs, elle a pour l’islam les yeux de Chimène, à la fois envoûtée par des beautés orientales et déjà subjuguée par la force des guerriers d’Allah.

La chienlit occupe nos villes, mollement contenue par un pouvoir qui, de fait, en partage les haines : la France, la tradition, la famille, le catholicisme, la fidélité, le travail, l’honneur.

De nouveaux privilégiés, étrangers à toute notion de justice et de bien commun, s’accrochent à leurs privilèges désuets, à leurs statuts obsolètes, à leurs rentes de situation comme la bernique à son rocher.

Des populations étrangères à notre histoire et à notre civilisation s’estiment « chez elles chez nous » et exigent d’être accueillies généreusement en réparation des méfaits que nos ancêtres auraient fait endurer aux leurs.

Submergeant ce champ d’épandage et criant vengeance devant Dieu s’étendent, sans cesse plus abondants, les flots de sang répandus par les victimes de l’avortement. Qui croira que ces crimes resteront impunis ? Abraham ne trouva pas les dix Justes qui auraient préservé Sodome de la colère de Yahvé. Il n’en trouva que quatre. Et Sodome fut détruite à cause de ses péchés !

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