Sur BFM TV, Rachida Dati n’a pas été tendre avec NKM. Évoquant les propos de celle-ci sur ces parents de Mulhouse qui emmèneraient de façon récurrente leur progéniture en retard à l’école en raison de la prière matinale et dont il faudrait, de ce fait, « placer les enfants » pour éviter la radicalisation, Rachida Dati a parlé d’idée « très grave et disproportionnée ».

Mettons de côté la concurrence, ancienne, entre deux femmes peu ou prou contemporaines, marchant sur les mêmes plates-bandes au sein de la même faction politique. Passons également sur les rancœurs, les incompréhensions entre la grande bourgeoise intello née avec une cuillère d’argent dans la bouche et la beurette pragmatique qui s’est « faite toute seule », pour ne parler que du fond. Un fond qui donne mille fois raison à Rachida Dati et laisse perplexe quant à la logique personnelle de .

Mais d’où sort donc, d’un coup, cette affaire de Mulhouse, dont NKM a l’air de connaître les détails avec autant de précision que le prix du ticket de métro ? Un conseiller en communication lui a-t-il soufflé de donner un « exemple concret » qui marque les esprits façon « pain au chocolat », une aumône grossière – « Tenez, mon brave ! » – à l’électeur de base UMP tourneboulé par son appel, dans le Doubs, à voter PS, un gage insultant tant il est caricatural : « N’ayez crainte, regardez comme je me préoccupe de la montée de l’islamisme en France » ? Ou bien s’affole-t-elle réellement, elle aussi, comme les membres du gouvernement qui enjoignent les écoles d’appeler les flics au moindre marmouset refusant de réciter son « Je vous salue Charlie » ?

Séparer un enfant de ses parents, le « placer » parce qu’il arriverait en retard à cause d’une hypothétique prière, comme s’il n’y avait pas mille degrés intermédiaires pour sanctionner un retard, quelle belle idée, empreinte d’humanité : voilà sûrement une mesure qui va permettre la désescalade, de calmer les esprits, ne suscitera aucune indignation, terreau de la radicalisation…

Et surtout continuer dans le même temps à soutenir inconditionnellement, aveuglément, la politique migratoire « grandes-portes-ouvertes », comme si ce n’était pas bien en amont qu’il fallait traiter le problème, comme si ce genre de « retard » ne resterait pas purement anecdotique si la masse critique démographique n’était pas atteinte depuis longtemps, si les revendications communautaires ne devenaient pas voyantes, très lourdes, impérieuses et mêmes insupportables parce qu’émanant d’une foule de plus en plus nombreuse et, de ce fait, de plus en plus assurée ?

Appeler, donc, implicitement de ses vœux, à travers un soutien aux socialistes, une immigration toujours plus grande, toujours moins contrôlée, et puis d’un coup, au milieu de la foule échauffée et se serrant les coudes qu’on a fait soi-même rentrer, jouer au gendarme de guignol, faire de grands moulinets avec son bâton et menacer sans sommations de façon parfaitement « grave et disproportionnée » – la pragmatique Rachida Dati a raison – de « placer » les enfants pour une ultime possible « entorse », quand on en a gobé mille autres bien pires sans moufter. La logique de l’intello NKM n’est pas seulement obscure. Elle est périlleuse.

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