Il y a quelques jours, Fabius, qui découvrait que les rebelles n’étaient pas si « modérés » que ça avec le passage à l’acte de trois d’entre eux à Paris, nous expliquait qu’il fallait parler de "terroristes" et non d’"islamistes", parce que tout cela, espérons que vous l’aurez bien compris, n’a rien à voir avec l’islam.

La BBC, elle, va encore plus loin que Fabius, c’est possible.

Tarik Kafala, directeur de la BBC Arabic, a déclaré qu’il ne fallait même pas dire "terroristes" pour qualifier les frères Kouachi. Bah non, dans « terroriste », y a terreur, et on risquerait d’oublier l’enfance difficile.

Que propose-t-il donc ? "Nous essayons plutôt de dire : deux hommes ont tué douze personnes dans l'attaque de la rédaction d'un journal satirique. C'est suffisant."

Des hommes qui tuent des personnes, et parfois inversement. Ça va être pratique, de mener une avec un ennemi aussi clairement défini.

En fait, la raison, c’est que "les Nations unies ont ramé pendant plus de dix ans pour définir le mot et n'ont pas réussi. C'est très difficile." C’est beau, cette rigueur, chez un journaliste affilié à un « grand » média, n’est-ce pas ?

Parce que, transposé au contexte britannique, vous retrouvez le même « retour des heures les plus sombres » pour trois sweats roses et bleus, la même « manifestation de haine » chaque fois qu’un autochtone ose dire qu’il est chez lui et la même « incitation à la haine » pour une critique sérieuse de l’immigration.

Mais c’est vrai, qualifier de « terroristes » deux gars qui tuent froidement 12 personnes en 10 minutes, c’est peut-être manquer de prudence. On ne sait jamais.

Sans faire d’amalgame, on pourrait croire que Tarik Kafala est un peu seul dans son délire de novlangue, mais non. C’est en réalité la charte utilisée par le groupe britannique qui précise que le terme n’est pas banni mais déconseillé. Que dit cette charte exactement ? "Il y a plusieurs façons d'exprimer l'horreur et les conséquences humaines de ces actes de terreur sans utiliser le mot pour qualifier les auteurs" et il faut donc préférer les mots "assaillant" ou "militant".

Dès lors, impossible de faire, exprès ou par inadvertance, un quelconque amalgame, les mots n’existent plus. Impossible de commettre un crime contre la pensée dominante, celle-ci élimine les mots qui la gênent.

Et pendant que l’on criminalise des mots qui n’ont d’autre but que de décrire précisément l’ennemi, préalable à toute efficace, les « Kouachi » irakiens, qui sont aussi terroristes qu’islamistes, brûlent un homme vivant dans une cage.

Pendant que l’on brandit une enfance difficile, un rejet de la société et une ambiante pour excuser ceux que l’on refuse de nommer, la commission des Nations unies sur les droits de l’enfant rend un rapport dans lequel elle déclare que l’État islamique assassine "systématiquement les enfants appartenant à des minorités religieuses ou ethniques" et se rend coupable "d’exécutions de masse de garçons, de décapitations, de crucifixions et d’ensevelissements d’enfants vivants".

Les frères Kouachi et leur copain Coulibaly ne l’ont pas fait, mais leurs maîtres le font, toujours au nom d’Allah. Ce pourrait donc être une question de temps, et il sera alors un peu tard pour se demander si c’est « terroristes démoniaques » ou « monstres islamistes » qui leur colle le mieux à la peau.

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5 février 2015

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