« Le temps de la victoire est venu et les opérations pour libérer Mossoul ont commencé. […] Je déclare aujourd’hui le début de ces opérations victorieuses pour vous libérer de la et du terrorisme de l’ », déclarait le Premier ministre irakien, Haïder al-Abadi, dans une allocution télévisée qui restera probablement dans l’Histoire. Soucieux de reprendre à l’État islamique son dernier fief en Irak, le Premier ministre s’est montré confiant en dépit des interrogations qui subsistent sur le plan de bataille de l’ irakienne.

Grande première, et peut-être clé de la future victoire, l’armée irakienne sera renforcée pour l’occasion par près de 4.000 peshmergas kurdes qui progressaient, dès lundi, en direction des villages tenus par les djihadistes à l’est de Mossoul. Face à un ennemi impitoyable, les anciens adversaires d’hier ont su trouver les ressources nécessaires pour coordonner leurs efforts.

Le commandant général des forces kurdes a affirmé, dans un communiqué, que 4.000 peshmergas, soutenus par l’aviation mise à disposition par la coalition internationale à laquelle contribue l’armée française, participeraient à l’opération sur Khazir en accord avec les forces fédérales irakiennes.

Toutefois, Haïder al-Abadi souhaite que seules les forces irakiennes officielles puissent pénétrer dans Mossoul, c’est-à-dire l’armée irakienne renforcée de la police nationale. Une demande légitime et compréhensible dans un tel contexte, la préservation de l’unité nationale de l’Irak étant impérative.

Monsieur Abadi aurait, par ailleurs, refusé l’aide offerte par la du sultan Erdoğan, soupçonnée d’entretenir un double jeu avec les milices islamistes depuis le déclenchement du conflit. Auparavant, il avait déjà exigé le retrait des troupes turques d’Irak, chose que refuse monsieur Erdoğan, qui tient absolument à intervenir dans toute cette région, qu’il estime devoir être naturellement soumise à la Turquie. Les visées néo-impérialistes de l’autocrate d’Ankara seront à surveiller avec la plus grande attention dans les années à venir.

Dans l’immédiat, les principales inquiétudes concernent ces populations civiles qui ont déjà beaucoup souffert et qui pourraient être utilisées comme boucliers humains par les djihadistes. Pas moins d’un million et demi de personnes vivent à Mossoul, exposées aux bombardements et aux combats qui feront immanquablement rage. Après la période d’encerclement de la ville, l’armée irakienne devra affronter au plus près les quelque 5.000 djihadistes lourdement retranchés qui se trouvent dans la ville.

Autre interrogation qui nous concerne au premier chef : le retour des djihadistes européens de papier vers le continent. Fanatisés, ces derniers pourraient désirer poursuivre leur engagement en frappant les pays européens après la défaite. Plus que jamais, la vigilance s’impose, ainsi qu’une migratoire stricte à l’échelle de l’ tout entière, ouverte aux quatre vents par les accords de Schengen et l’idéologie sans-frontiériste.

19 octobre 2016

Les commentaires sont fermés sur cette publication.

À lire aussi

Gabriel Robin : « On voulait le progrès, on fonce vers l’archaïsme »

Il y a un an tout juste, Gabriel Robin et Benjamin Demeslay publiaient Le Non du peuple, u…