La baisse du chômage est-elle réelle ou artificielle ?

M. Hollande a sablé le champagne mardi. Le nombre d’allocataires de l’UNEDIC en catégorie A a spectaculairement baissé en septembre. Il pourra donc se représenter !

Comment juger cette diminution ? D’abord, les statistiques sont erratiques : le mois d’août a été catastrophique, septembre excellent. Comment se comportera octobre ? Au final, lorsqu’on fait le bilan comptable, la baisse est réelle mais modeste : 90.000 en catégorie A en 2016, beaucoup moins dans les autres catégories B et C (qui comptent les temps partiels). Or, 130.000 personnes bénéficient actuellement des plans supplémentaires de formation mis en place par le pouvoir et sont basculés en catégorie D ! D’autre part, le nombre d’emplois aidés a explosé.

Néanmoins, la situation s’améliore car, chaque année, le nombre de jeunes ou de migrants entrant sur le marché du travail dépasse largement celui des retraités. Le solde annuel est de 221.000 personnes, dont 80.000 « réfugiés ».

L’économie française crée à nouveau de « vrais » emplois, en nombre fort limité certes, mais cela ne lui était pas arrivé depuis fort longtemps (8 ans !). La croissance est modeste mais les marges des entreprises ont été reconstituées.

N’en concluons surtout pas que M. Hollande est un excellent gestionnaire. Bien au contraire : on peut même le qualifier de nullissime ! Tous les pays européens voient leur chômage diminuer, le plus souvent depuis plusieurs années et dans de plus grosses proportions que nous. L’économie est cyclique (sur une durée de 7 ou 8 ans) : après une crise survient toujours une période d’expansion. La France redémarre enfin mais avec un retard catastrophique. Si M. Hollande était aussi compétent qu’il le prétend ou, du moins, un dirigeant dans la moyenne, la baisse du nombre de demandeurs d’emploi serait effective depuis 2012 (c’est ce qu’il promettait à l’époque avec raison !). Notre taux de sans-emploi, selon le BIT (Bureau international du travail), serait non pas à 9,7 % mais à 8 % !

M. Sarkozy n’était certainement pas le meilleur président de la Cinquième République, mais il a affronté une crise cataclysmique et les performances de la France, fort mauvaises, étaient à l’époque dans la moyenne européenne. Avec les socialistes, nous sommes désormais parmi les plus mauvais élèves de l’Union européenne (et sans doute le pire). Et le redressement actuel n’est dû qu’à la conversion tardive aux réalités du marché (création du CICE).

D’après l’UNEDIC (dont les prévisions pour 2016 se sont réalisées), le nombre de ses allocataires augmentera à nouveau en 2017 (croissance molle + fin des plans de formation). Bien plus grave : nous sommes à la fin d’un cycle et une nouvelle crise va se produire dans les deux ou trois ans qui viennent. Elle ne sera peut-être pas aussi violente que celle de 2008 mais le taux, au sens du BIT, va grimper de 1 à 2 %. Du fait de la politique de M. Hollande, nous avons raté la reprise du cycle précédent.

C’est à cette aune qu’il faut juger la baisse spectaculaire du mois de septembre…

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