Culture - Editoriaux - International - 12 novembre 2015

Le Kosovo se casse les dents à l’UNESCO : victoire de la persévérance et échec de la stratégie atlantiste

Les États membres de l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) ont voté pour ne pas intégrer le Kosovo indépendant en leur sein. Cette victoire du peuple serbe est une étape importante dans son combat pour défendre sa souveraineté et permet de tirer plusieurs enseignements majeurs.

Cette victoire démontre que la persévérance et l’acharnement de la petite Serbie (7 millions d’habitants) à défendre son droit lui donne raison et justifie son combat. Malgré les bombardements illégaux de 1999 et l’occupation de son territoire par l’OTAN, malgré la pression des USA et de l’UE, la Serbie résiste et poursuit sa lutte pour défendre son peuple, sa foi et sa terre.

Le vote de l’UNESCO est un résultat cohérent qui permet de rappeler par ailleurs que les Nations Unies ne reconnaissent absolument pas le Kosovo comme un État indépendant mais bel et bien comme une province serbe. Il souligne aussi l’intelligence et la moralité de la majorité de ses membres qui ne peuvent accepter de donner les églises serbes à ceux qui ne cessent de les attaquer.

Ce vote confirme également la montée en puissance des BRICS (Brésil, Russie, Chine, Inde et Afrique du Sud) qui ont toujours soutenu la position serbe et autour desquels s’agrègent de plus en plus de pays qui ont à cœur le respect de la souveraineté nationale et la condamnation du “nation-building” américain. Ont voté, avec les BRICs contre le Kosovo, des pays indépendants comme le Venezuela, le Sri Lanka ou le Liban mais aussi des pays chrétiens européens proches des Serbes comme l’Arménie ou Chypre et des pays musulmans comme l’Indonésie ou la Palestine.

Derrière le vote pro-Kosovo, en revanche, on retrouve des États qui cultivent l’islamisme radical comme l’Afghanistan, l’Arabie Saoudite, le Qatar ou le Pakistan aux côtés de nombreux pays aux racines chrétiennes comme la France, l’Allemagne ou les pays baltes. C’est le camp atlantiste, celui des pays qui prennent leurs ordres directement à Washington. Ce bloc contradictoire commence à se fissurer et on voit que des pays membres de l’UE et de l’OTAN, comme la Grèce et la Pologne, se sont abstenus et que la Slovaquie et l’Espagne ont carrément voté contre. Il faut également souligner que de nombreux pays musulmans se sont abstenus ou ne se sont pas prononcés en faveur du Kosovo (pourtant majoritairement musulman) comme l’Égypte, la Tunisie ou l’Irak. Cela démontre que la fracture au sein des instances internationales n’est pas entre pays chrétiens et musulmans mais entre atlantistes et non-atlantistes.

Washington va prendre sa revanche pour défendre l’État qu’il a inventé. La quasi totalité des pays entourant la Serbie est sous la coupe de la Maison blanche et a voté pour le Kosovo ce qui laisse présager des relations de voisinage compliquées à l’avenir dans les Balkans. L’UE de son côté met une pression phénoménale sur la Serbie pour qu’elle lâche le Kosovo alors que la Russie continue de faire les yeux doux au petit frère orthodoxe des Balkans.

Belgrade doit profiter de cette victoire pour continuer de se rapprocher de Moscou sans pour autant abandonner ses liens avec l’ouest européen. Vu les succès que Poutine enchaîne sur l’échiquier international et le soutien sans failles qu’il apporte au Kosovo serbe, Belgrade a tout intérêt à ne pas lui lâcher la main. Avec ses amis BRICs à l’UNESCO, c’est son meilleur atout pour garder le Kosovo.

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