Selon certains médias, on apprend aujourd’hui que l’enquête sur le scandale Kerviel- générale aurait été « orientée » pour innocenter la banque. Si cela est avéré, ce serait parfaitement conforme avec les discours de son président de l’époque qui rejetait toute responsabilité juridique et morale dans cette affaire et évoquait un « terroriste » ayant « déjoué tous les systèmes de et de contrôle de la banque ».

Outre le fait que cette analyse est erronée car un terroriste agit au nom d’une cause pour laquelle il est généralement prêt à se sacrifier, alors que M. Kerviel agissait pour l’intérêt de son employeur et le sien, quiconque a un minimum de bon sens et de connaissances dans les procédures économiques, financières et informatiques ne pouvait que rire de ce propos au regard de l’ampleur des sommes monétaires engagées et générées.

Soyons sérieux ! Même si les responsables de cette banque nous ont pris pour des crétins crédules, il ne s’agissait pas de quelques milliers d’euros, ou même centaines de milliers d’euros noyés dans une grosse masse de milliards. Non, il s’agissait de dizaines de milliards d’euros engagés qui en généraient autant chaque année sans que personne, parait-il, ne voyait rien ! Ils étaient tous tellement désintéressés et agissant pour le bien-être de l’humanité qu’ils étaient trop naïfs pour voir la supercherie !

La Société générale s’inscrit dans un système bancaire et financier sans âme ni humanité. Un système qui a fait de l’argent une finalité et non plus un moyen de développement et d’investissement. Une fuite en avant permanente : toujours plus pour enrichir des actionnaires qui ne prennent des parts sociales que pour toucher des dividendes. La spéculation est leur religion, les traders leur clergé, les présidents de banques et institutions financières leurs cardinaux, le patron de Goldman Sachs leur souverain pontife et l’argent leur nouveau Dieu unique. Et n’allons surtout pas croire que ça ait changé depuis !

Vu l’ampleur du scandale et l’enjeu financier pour le système bancaire national, on imagine aisément que tout fut mis en œuvre à Bercy et place Vendôme pour protéger la banque et charger la responsabilité sur un seul individu, certes aussi responsable que sa hiérarchie, mais néanmoins bouc émissaire de cette affaire. Mieux vaut sacrifier un homme qu’une banque qui pèse dans la finance française.

L’homme en question aurait fait œuvre de rédemption : il a rencontré le pape (s’est-il confessé pour son idolâtrie de l’argent et sa tricherie ?) et fait pénitence en marchant à pied. Il ne nous appartient pas de juger les âmes et les cœurs et je lui souhaite d’être sincère dans sa renaissance spirituelle et sa découverte des vraies valeurs.

Quant à la banque concernée, il ne reste plus qu’à espérer que la vraie passe enfin et que ses anciens dirigeants soient reconnus comme ayant favorisé et incité de telles actions hautement spéculatives.

18 janvier 2016

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