Editoriaux - Internet - Justice - Politique - Société - Table - 4 juillet 2014

Justice et règlement de comptes ne font pas bon ménage…

La bataille d’opinion fait rage sur Internet autour du dernier épisode du feuilleton Sarkozy, pendant que s’affichent les médiocres calculs politiques de nos « responsables », notamment à l’UMP où ils sont l’exact miroir des manœuvres hollandistes.

Les uns justifient ce qui vient de se passer à coup de biais savamment choisis, les autres dénoncent le sous-jacent à ces événements, avec raison pour une large part, mais en usant de procès d’intention, précisément ce qu’ils reprochent aux adversaires de M. Sarkozy…

Les uns citent une phrase de la juge Thépaut, qui peut paraître, si l’on est indulgent, relativement neutre (elle aspire « à retrouver du calme, de la sérénité et de la confiance » pour la Justice), les autres notent sa phrase suivante ( « il faut que la Justice retrouve son rang face au ministère de l’Intérieur »), qui est nettement plus partisane et ciblée, et peut faire sérieusement douter, avec d’autres éléments, de son impartialité…

Et puis, il y a eu l’invraisemblable « mur des cons ».

De prolétarisation en féminisation outrancière (ah, la parité… ), d'entrisme gauchiste en déchéance matérielle, le service public de la Justice est en ruine, et il est devenu, comme l'Éducation nationale, un terrain stratégique pour la politique revancharde des illuminés de la théorie sociale. Je ne comprends pas l'antienne convenue des hommes politiques : « Je fais confiance à la Justice de mon pays… ». L'effondrement intellectuel et moral de ses membres, parallèle à celui de la société, le remplacement du jugement technique de droit par le sentiment personnel et le jugement « moral », comme de juste déculturé et saturé d'idéologie, la perte de l'éthique de responsabilité et la victoire de l'incrédulité civique, là comme ailleurs, empêchent raisonnablement de s'en tenir à ce genre de déclaration —en vérité, personne n'y croit une seconde.

Seule « l'affaire Bygmalion » peut à ce jour disqualifier M. Sarkozy sans conteste, indépendamment de toute suite judiciaire qu'elle pourrait prendre. Les autres sont peu ou prou entachées de procès d'intention — si crédibles qu'ils paraissent, cela n'enlève rien à leur nature, d'une part, et d'autre part il faudrait s'interroger sur presque toutes les pratiques sociales (à commencer par celles des magistrats, policiers, journalistes !), au vu de ce qu'on reproche à l'ancien président. Enfin, on recherche désespérément le début de commencement d'une preuve irréfutable à leur sujet.

Quoi que l'on pense de M. Sarkozy, quoi que l'on souhaite pour son avenir, ce qui se passe est dangereux, ceux qui se réjouissent aujourd'hui pourraient bien pleurer demain —et la CEDH risque fort de s'y opposer ! Il est plus que jamais impératif de poser sans concession le problème de la profonde réforme indispensable à notre institution judiciaire, à commencer par celle de l'école de formation qui l'alimente, et qui n'a visiblement plus rien à envier à son homologue pour les journalistes…

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