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L’ex-« meilleur-d’entre-nous » nous la joue Bisounours. Sur l’étagère, coincé entre quelques de la Bibliothèque verte aux coins jaunis et Martine va voter, un opuscule passe presque inaperçu : L’ heureuse. Il s’en dégage un parfum printanier de fleurs fraîchement coupées tandis que des dizaines d’oisillons gazouillent au-dessus du ruisseau d’eau pure qui serpente en chuintant dans le pré à l’herbe tendre. Ah ! que c’est beau, souriant, prometteur… L’ heureuse… J’en rêvais… Juppé l’a fait. « …Et ils s’endormirent tranquilles, le sommeil de cinq ans tout juste agité du feulement zéphyrien du temps qui passe… » The End.

« Debout, là-d’dans ! » gronde Dame Réalité qui vient, avec ses gros sabots, patauger dans mon rêve éveillé. Une identité, ce n’est pas « heureux » ou « malheureux », c’est « respecté » ou pas, il n’y a pas à sortir de là. La très grande majorité de mes semblables hurlent cette exigence depuis des années, depuis que, miette après miette, pas après pas, recul après recul, on cherche à lui faire avaler une potion dont elle ne veut pas.

Et puis on ne confie pas son destin à des gens pour qu’ils nous rendent heureux. On est capable de faire cela tout seul. C’est même recommandé. Vous imaginez l’État avec ses grosses paluches pleines de taxes et ses grosses pantoufles remplies de « faites ceci », « faites pas cela », venir vous livrer le Manuel du bonheur, mode d’emploi nécessaire de votre existence individuelle. Chez Orwell ou Staline, oui, peut-être. Mais ici, en France, en 2017, ça ne marchera jamais. Le bonheur, c’est complètement, intimement personnel ; rien de politique, là-dedans. Ce que l’on demande aux gouvernants, c’est de mettre en place les conditions pour que chacun puisse vivre heureux… enfin… le plus heureux possible. Et rien que cela, c’est un énorme travail.

Alain Juppé, dans son interview par Le Figaro, poursuit : "Le rôle de celui qui prétend exercer les plus hautes fonctions, c’est de donner de l’espoir…" Vous, je ne sais pas. Mais moi, j’ai un peu de mal à donner les clés de la maison à quelqu’un qui pense que « l’espoir fait vivre » ; je préfère du concret. Puis, Juppé continue : "... et montrer que la peut retrouver sa fierté". Là, j’approuve des deux mains, encore que j’aurais volontiers remplacé « peut » par « doit ».

Eh bien ! le voilà, son slogan de campagne : « Fier d’être Français. » Ça vous a une autre gueule que « L' heureuse », non ? Monsieur Juppé, je vous le dis : on n’a plus envie de raser les murs, plus envie de se faire baffer pour un oui, pour un non, par la XVIIe chambre convoquée par des officines qui pompent nos impôts, plus envie de peser nos mots, nos idées, nos pensées, plus envie de ces destructeurs qui nous bousillent tout à la fois l’éducation de nos enfants et notre vie de travailleur. On veut redresser les épaules, éventuellement bomber le torse, dire « m… » aux empêcheurs de vivre en rond ; en résumé, être Français et fiers de l’être, oh oui ! C’est cela, que nous voulons. Quel slogan ! Et surtout, quel programme !

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29 août 2016

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