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Culture - Editoriaux - Histoire - Politique - Sciences - 24 novembre 2016

Juppé n’a rien compris à la droite, à Fillon et aux femmes !

M. Juppé demeurera dans l’Histoire comme l’exemple de l’homme politique qui n’a décidément rien compris à l’histoire politique de son temps. Un cas d’école pour étudiants de Sciences Po et, dans l’immédiat, un contre-exemple pour les candidats à la présidentielle.
 
Alors que, depuis dix ans, un puissant mouvement anti-libéral et anti-libertaire avance partout dans le monde, et aussi en France, lui n’a cessé de dériver vers la gauche, au point d’en faire sa ligne politique pour une primaire… de la droite. Il n’a cessé de cracher sur certains totems de droite, comme le pape Benoît XVI et la Manif pour tous, tout en ouvrant grand les bras et les portes à l’islam et aux bobos façon NKM.
 
Après son revers du 20 et son élimination du 27, il ne pourra s’en prendre qu’à lui-même.
 
Mais ce qui est stupéfiant, avec lui, c’est que, contraint d’attaquer le nouveau colosse Fillon et ses 44 %, il persiste dans l’erreur. Affligeant jusqu’au bout, … ou cocasse, comme vous voudrez.
 
Ayant constaté qu’il était nettement en retard sur son concurrent dans l’électorat féminin, il s’est employé à s’ériger en défenseur des femmes et de leurs droits. Et qu’a-t-il trouvé, pour cela ? Une amélioration du congé de maternité ou du congé parental ? Une meilleure prise en compte des droits familiaux pour les retraites, que la loi Fillon de 2003 a rabotés ou supprimés pour les femmes, et notamment pour les mères de famille nombreuse ?
 
Non, il a foncé tête baissée dans ce que son logiciel bobo-libertaire lui répétait au creux de l’oreille : l’IVG, l’avortement… Allez séduire une femme (en dehors de vos groupies féministes) en lui disant que vous êtes un mâle fermement attaché à la défense de l’avortement… Franchement, M. Juppé : quand on se retrouve face à ce choix, homme ou femme, on est plutôt malheureux et honteux, et pas fier de soi, ni de la culture, de l’éducation, de la loi et du pays qui nous ont laissés en arriver à cette situation. Pensiez-vous séduire les 200.000 femmes qui y ont recours chaque année, les millions de Françaises qui n’ont pas pu ou pas su faire autrement ?
 
Alors, c’est sûr que M. Fillon, bien qu’il ait, tout comme M. Juppé, soutenu la loi Veil depuis quarante ans, et rien proposé pour aider ces femmes, et parfois ces couples, en souffrance, est pourtant bien plus séduisant pour elles. Car ces femmes, ces mères, ces grands-mères, ces filles qui, de près ou de loin, sont confrontées à cette épreuve depuis quarante ans (et cela fait donc beaucoup de monde… une autre majorité silencieuse…) seront sensibles à ses hésitations de gendre idéal bien élevé, ses scrupules moraux personnels.
 
Sincérité d’un homme ? Ou simple question de posture, d’image, de positionnement ? Dieu seul sonde les reins et les cœurs. Mais il serait, en tout cas, malvenu d’instruire un procès à M. Fillon sur ce sujet.
 
Et M. Juppé a découvert à ses dépens que les ambiguïtés soigneusement cultivées de M. Fillon l’arment d’une cuirasse inattaquable.
 
Mais, finalement, la bêtise idéologique du maire de Bordeaux aura rendu service, non seulement à M. Fillon, mais aussi, peut-être, à un débat qui mérite mieux que les crispations idéologiques des uns et des autres, et demande à être repris à nouveaux frais, avec moins de passion et plus d’humanité.

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