Juppé est déjà le candidat de la gauche en 2017. La gauche a compris que le candidat socialiste ne ferait rien et elle ne veut pas de Sarkozy. Elle a donc déjà gagné les présidentielles.

Juppé a toutes les chances d’être élu et il écrasera Marine Le Pen au deuxième tour. On a donné cette dernière en tête au premier tour, mais les choses peuvent changer (et elle-même reculer). Au second tour, Marine prendrait 64 % contre elle et on aurait le jeune premier bordelais comme énième président.

Propre comme un sou neuf, oublié des électeurs, aussi innocent que l’enfant qui vient de naître ! Le maire prodige incarnera, tout « vieux blanc » qu’il est (vieux blanc un rien zombie qui s’est laissé glacialement insulter par une harpie TV), le Bordelais nouveau de la gauche increvable.

Voyons pourquoi.

Le président actuel est sûr d’être balayé, tout comme son poupin Premier ministre, si quelque catastrophe ne survient avant, qui provoquerait une crise de régime. Nous n’en sommes plus très loin, même si nous savons que 70 % ou plus de nos concitoyens sont anesthésiés ou conditionnés, ou ne sont plus – justement – nos concitoyens (électorat Obama : même problème aux États-Unis).

La gauche a officiellement accepté de perdre les élections présidentielles en 2017. On s’engueulera avec les autres Rapetou sur les plateaux télé et puis on donnera des consignes de vote. La nullité de Juppé aux affaires, mille fois vérifiée dans le passé (en vrac : 1988, Rwanda, Paris, réformes, grèves, Europe, dissolution…), permettra aux socialistes de gagner les élections suivantes. Cela fait deux cents ans que ça dure, cette farce lassante, alors pourquoi ne pas en reprendre pour un troisième siècle avec la faillite ignominieuse en sus et la population remplacée ? L’Empire romain a mis aussi quatre siècles à disparaître, alors n’arrêtons pas le progrès !

Juppé incarne bien mieux cette Cinquième République eschatologique qui, partie du général de Gaulle, aura tout bradé : indépendance, population, histoire, génie, usines, campagnes, culture – je dis absolument tout. Juppé est, de ce point de vue, le meilleur d’entre nous ; il ne peut que convenir à la gauche.

Juppé est aussi bien vu par les bobos, ce qui n’est pas le cas de Sarkozy, jugé paradoxal, violent, et surtout incertain mentalement. Des voix bien informées m’ont assuré que le deal des loges est le suivant : éloigner Sarkozy, seconder Juppé, écraser le fascisme dans l’œuf comme toujours, et ensuite s’assurer une nouvelle petite alternance des familles, à charge pour les rêveurs d’attendre le messie pour retaper notre Hexagone. C’est du Rimbaud ou presque.

Comme je le disais, cela fait deux siècles que ça dure, et cent-vingt ans que Georges Sorel dénonçait notre médiocrité démocratique. Avec le « vieux blanc bordelais », nous prouverons que nous avons retenu la leçon…

Et c’est le PS qui peut être content, malgré sa gestion calamiteuse. Car le parti des milliardaires et des bobos aura deux candidats.

À lire aussi

Islam : pourquoi la France est schizophrène

Il y a une bêtise crasse de notre « élite hostile ». …