Jungle de Calais : un problème de volonté politique !

Décidément, le téléfilm “Jungle de Calais” est loin d’être terminé. En effet, la préfecture du Pas-de-Calais a annoncé la semaine dernière que le nombre de migrants dans le camp a considérablement augmenté en seulement deux mois : 6.901 personnes y vivraient désormais. Soit 2.415 migrants en plus par rapport aux chiffres de juin dernier. En effet, lors du dernier recensement, la préfecture annonçait 4.486 migrants. Une augmentation de près de 54 %, excusez du peu !

D’autant qu’il ne s’agit là que des chiffres officiels. D’après plusieurs associations, plus de 9.000 personnes vivent en réalité sur le site. Inutile de rappeler les conséquences qui en résultent : non seulement, il n’y a plus de place pour installer de nouveaux arrivants, les rixes entre migrants se multiplient mais, aussi – et surtout -, cela occasionne gêne, peur et exaspération chez les riverains qui sont chez eux.

Arrêtez-moi si je me trompe, mais le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve n’avait-il pas pourtant affirmé, il y a tout juste un an, que le nombre des occupants du camp de migrants serait ramené à 2.000 ? Mais il est vrai que, me direz-vous, conformément à la jurisprudence Henri Queuille, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Ce n’est pas, non plus, comme si le camp de migrants avait été installé au début des années 2000 et que cela faisait donc plus de quinze ans que les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, de par leur manque évident de courage politique, avaient laissé se développer, jour à après jour, cette situation de chaos. Chaos social, humain, humanitaire, sécuritaire, sanitaire. En un mot : politique. Et pourtant, c’est exactement cela !

Après toutes ces années, je crois qu’il arrive un moment où trop, c’est trop et où il faut savoir dire stop ! Quand le gouvernement prendra-t-il enfin les décisions qui s’imposent ? À commencer par l’expulsion immédiate des migrants qui sont en situation irrégulière sur le territoire national, notamment ceux dont l’examen de la situation a fait état qu’ils ne peuvent bénéficier du droit d’asile.

Bien entendu, si nous voulons réellement régler ce problème sur le long terme, il faudra plus que cela, et notamment un meilleur contrôle de l’immigration en rétablissant, au moins provisoirement, les frontières nationales, comme nous y autorisent les accords de Schengen et comme l’ont d’ailleurs fait plusieurs pays de l’Union européenne, à commencer par l’Allemagne. Mais aussi, et surtout, réorienter notre politique étrangère. Notamment en mettant en œuvre avec l’ONU un plan d’aide aux pays qui sont à l’origine de ces flux migratoires. Ce que le député gaulliste Nicolas Dupont-Aignan appelle “un plan Marshall pour l’Afrique”.

N’oublions pas que, sur ce sujet, comme sur bien d’autres du reste, ce n’est pas un problème de solution mais de volonté politique !

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