Editoriaux - Radio - Santé - Société - 19 novembre 2016

Juliette et le coup d’un soir

“Maman, c’est quoi, un coup d’un soir ?” La maman de Juliette, 9 ans, a été interloquée de la question de sa petite fille. C’est que celle-ci, en sortant de l’école, a vu une affiche de la dernière campagne de lutte contre le SIDA du ministère de la Santé. Cette campagne vise un public spécifique : les homosexuels hommes pratiquant le papillonnage sexuel. En soi, une telle campagne n’est pas illégitime : cette population est particulièrement à risque. Mais ses modalités sont non seulement choquantes mais aussi contre-productives.

Choquantes parce que le visuel et les slogans ne peuvent que heurter des personnes qu’il faut protéger : les enfants, bien sûr, mais aussi les adolescents qui se cherchent encore et pour lesquels le message peut passer pour une invitation à adopter le comportement décrit. “Avec un amant, avec un ami, avec un inconnu” ; “coup de foudre, coup d’essai, coup d’un soir” : peut-on souhaiter que nos enfants soient exposés à de tels messages à l’âge de la marelle et de chat perché ? Peut-on espérer que nos adolescents entendent parler d’amour plutôt que de coucheries éphémères ?

Campagne choquante et illégale. L’article R624-2 du Code pénal punit la diffusion, sur la voie publique, de messages contraires à la décence. Il est vrai que le concept de décence est difficile à saisir pour un socialiste. Il n’est qu’à se remémorer les déboires conjugaux du premier d’entre eux. Le respect de la légalité semble aussi problématique chez eux, même quand ils sont ministres (n’est-ce pas, MM. Cahuzac et Thévenoud ?). Mme Touraine, ministre de la Santé, ne dénote pas parmi ses camarades socialistes.

Entendons-nous : ce qui va à l’encontre de la décence n’est pas que la sexualité affichée soit homosexuelle. C’est l’affichage public d’une sexualité explicite, qui par nature est un comportement privé, qui est choquant. C’est la raison pour laquelle l’affichage des revues pornographiques est interdit. Sans compter que la diffusion non ciblée ne peut que rendre peu opérante cette campagne. Quand on vise un public précis, on s’adresse à ce public. On pouvait imaginer une diffusion sur des sites de rencontre, sur des radios ou dans des journaux touchant plus particulièrement ces hommes. Non seulement on aurait évité d’imposer à la vue de tous des affiches indécentes, mais l’efficacité aurait été meilleure.

C’est peut-être sur le fond, cependant, que cette campagne est la plus problématique. On sait que le papillonnage sexuel est un des comportements les plus à risque. On aurait pu s’attendre à ce que cette campagne le rappelle. Non pas dans une optique moralisatrice, mais dans une démarche de responsabilisation. Chacun mène sa vie comme il l’entend, mais la liberté ne va pas sans la responsabilité. Les citoyens sont en droit d’attendre du gouvernement qu’il rappelle cette règle première de la vie en société.

Mais ici, il ne s’agit pas de mettre en garde contre un comportement dangereux en présentant le préservatif comme un moindre mal si on ne peut pas s’en empêcher. Il banalise, voire promeut ce comportement dangereux. Un peu comme si la Prévention routière disait : “Roulez en moto à 200 km/h pourvu que vous ayez un bon casque.”

Cette campagne n’est pas seulement choquante, elle est aussi criminelle.

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