Trois jours après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, les propositions politiques ne manquent pas : expulsion de 200 « fichés S », suppression du CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) ou encore celle de l’association humanitaire Barakacity. Quel rôle pour l’école dans la reconquête des enfants embrigadés ?

Réponses et réactions de Julien Aubert au micro de Boulevard Voltaire.

 

Trois jours après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, les commentaires ont été faits et l’enquête se poursuit. Maintenant, il semblerait que les citoyens attendent des politiques, des actes et des décisions fortes. L’exécutif a répondu en ordonnant l’expulsion de plus 200 fichés S. Damien Abad propose notamment de resserrer les cours sur la laïcité. Quel est votre sentiment sur cette triste affaire ?

Il est malheureux d’avoir un professeur décapité pour qu’on se décide enfin à agir. Cela nous rappelle tous les autres attentats terroristes. C’est exactement le même mécanisme. Émotion, bougies puis quelques mesures pour montrer que l’on agit. Concernant l’expulsion des fichés S, je me souviens qu’on nous avait dit que ce n’était pas possible. On nous expliquait que la fermeture des mosquées prendrait du temps. J’ai moi-même déposé une proposition de loi qui vise à élargir le délit d’entrave. Cette loi a pour but de considérer que le délit d’entrave à l’enseignement serait puni de la même manière que le délit d’entrave sur d’autres facettes. Quand c’est réalisé pour des motifs idéologiques ou religieux, le délit serait même sanctionné encore plus durement.

De nombreuses enquêtes ont démontré des liens entre des élus locaux et des personnes radicalisées. Comment le politique peut couper ces liens néfastes qui favorisent l’extension de l’islamisme dans nos quartiers ?

En mettant tous les moyens qu’il faut. Rendez-vous compte de l’organisation militaire que l’on a mise en place pour le suivi des cas de contact du Covid. Dès que vous avez contacté quelqu’un qui tousse un peu, vous êtes immédiatement suivi, fiché, enregistré et placé à l’isolement. De l’autre côté, quand vous avez un « réfugié » tchétchène qui rentre en contact avec quelqu’un qui se prétend parent d’élève, mais qui est en fait demi-frère d’une djihadiste, qui est lui-même en contact avec un fiché S, les deux derniers cités rencontrent une directrice d’école. Et tout ceci ne donne lieu à aucune détection.
On suit mieux les cas contact Covid que les cas contact du terrorisme. Cela pose un vrai sujet.
Cela suppose évidemment des moyens. De mon point de vue, il ne faut plus les traiter comme des délinquants habituels, mais sortir des procédures ordinaires pour rentrer dans des procédures spéciales.

Gérald Darmanin a proposé la suppression du CCIF et de l’association humanitaire, Barakacity. Soutenez-vous cette proposition ? Les Républicains appuieront-ils le gouvernement ?

C’est une très bonne mesure, mais ce n’est qu’un début. Il faut également interdire tous les partis islamistes, fermer toutes les écoles coraniques qui ont un statut semi-officieux, s’attaquer à tous les mouvements indigénistes islamo gauchistes, interdire la présentation de listes politiques confessionnalisées. Pas plus tard qu’aujourd’hui, un député tunisien justifiait le terrorisme. Ce monsieur devrait être barré rouge lorsqu’il essaiera de venir en France.

Il y a énormément de débats autour de l’accueil de cet attentat. Certains élèves ont déclaré que les terroristes avaient raison. D’autres ont montré des rires face à cette tragédie. Comment l’école pourrait reconquérir le «  coeur » de ces enfants-là. Comment ramener ces élèves dans le giron de la République ?

Il faut d’abord les arracher à ceux qui, depuis une dizaine d’années, expliquent aux familles que l’école est raciste, islamophobe et qu’il faut donc qu’ils fassent valoir leur droit pour imposer une vision islamiste des choses.
Deuxièmement, il faut prendre des sanctions lorsque vous êtes persuadé qu’un enfant propage des propos incorrects. Peut-être aussi, les séparer des familles en les mettant en pension. Si une famille éduque ses enfants contre la République, il faut àun moment donné en tirer les conséquences.
Quand ce sont des étrangers, il faut les expulser. Ensuite, vous avez tout un pan que Damien Abad a souligné. Il faudrait que l’on puisse enseigner les trois grandes religions pour que l’on puisse expliquer leur différence sans faire l’enseignement de l’arabe, mais au moins expliquer les différences entre la Torah, le Coran et la Bible. J’aime bien la proposition de Renaud Muselier sur la liberté d’expression qui est de faire imprimer un manuel spécifique et de le distribuer. Ce n’est pas au collège qu’il faut le faire, mais il faudrait la sensibilisation dès le primaire. Le débat sur la liberté d’expression pourrait peut-être être appliqué un peu plus tard au lycée.

Avec cet attentat, y a t-il un risque que tous les décideurs, les pédagogues et même les politiques s’auto-censurent suite aux menaces que cela peut représenter ?

Si la peur reste dans le camp des politiques et du corps professoral, oui. Mais la peur doit changer de camp. En face, vous avez un type dont la demi-sœur est djihadiste et qui monte les gens. Ce type-là aurait dû être détecté en amont, arrêté et jugé. Si on vous expulse parce que vous êtes étranger ou si on vous met en prison, cela fera réfléchir les autres.

20 octobre 2020

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