Editoriaux - Politique - Société - Table - 14 janvier 2016

Juifs de France, ne pas déserter !

Partir ou pas, se demandent les juifs français. Comme se le demandent aussi les entrepreneurs, les jeunes diplômés français et aussi les retraités français ou d’autres Français craignant l’islam… “Comme” ? Pas tout à fait. Néanmoins, la réponse doit être la même : ne pas déserter. 

Les rabbins voient dans l’exil la punition de la « haine gratuite » entre juifs juste avant la destruction du Temple, un manquement à leur mission de construire en Israël une vie selon la Torah, le plan de Dieu pour le monde. Est-ce vivre selon la Torah que de déserter un pays qui ne parvient plus à nous protéger parce qu’il est lui-même en péril ? 

La France ne parvient plus à se protéger parce que son Église lui dit : “Si quelqu’un prend ton manteau, ne l’empêche pas de prendre encore ta tunique” (Luc). Pourtant Jésus n’a jamais dit : “Si on te demande le corps de ta femme, donne-lui ta fille en prime.” Il a dit de rendre à César et non pas de le chasser d’Israël, mais il a dit d’acheter des épées, il a dit d’être rusés comme des serpents. Aucun martyr chrétien n’a sacrifié ou laissé sacrifier d’autre personne que lui-même : laisser tuer devant soi les plus faibles sans se battre pour les défendre n’est pas du martyre mais de la lâcheté. L’Église accepte les guerres défensives. 

Les entrepreneurs français, les futurs retraités français – les mêmes qui, aujourd’hui, songent à l’exil – ont voulu l’ouverture des frontières, les uns pensant que les Français ne travaillent pas, comme l’affirmait Pompidou, les autres pensant assurer ainsi leur avenir : cette politique d’ouverture des frontières était indigne à tous points de vue. Mitterrand a osé récupérer l’étoile jaune pour diaboliser les opposants à cette politique d’importation de personnes, mais les Français n’auraient pu se masquer à eux-mêmes l’indignité de leur choix, s’ils n’avaient eu l’alibi de Luc, la possibilité de se fantasmer généreux…

Au pied du mur, aujourd’hui qu’il faut payer l’addition, la France se décompose : gouvernement et élites d’un côté, population plus vulnérable de l’autre. Le pouvoir livre tout le peuple désarmé à ses bourreaux et le punit s’il se défend. Alors, les juifs…

Israël au contraire, généralement, prend les moyens de défendre ses citoyens. D’où l’espoir des juifs français qui partent en Israël : pouvoir compter sur un gouvernement moins frappadingue que celui de la France.  

Il est urgent que les Français se libèrent de la culpabilisation qui leur interdit de se défendre, de défendre leur terre ancestrale, leur droit au « zéro blessure » en cas d’agression. 

Partir, c’est renoncer à bâtir une société assez forte, assez stable parce qu’assez juste, pour assurer la paix. Les déserteurs retrouveront dans leur lieu d’exil les mêmes dangers, puisque c’est leur lâcheté ou leur cupidité qui ouvrent la voie aux violences. 

Les Français doivent retrouver leur dignité et rester, tous, retrouver la fierté de défendre les plus faibles, et ne pas céder.

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