Le président de la République, non content d’atteindre des sommets d’impopularité, a sombré dans le ridicule. Le recule sur tous les fronts. Qu’il s’agisse de l’emploi, de la croissance, du redressement de notre économie, du contrôle de nos frontières, de la sécurité, partout l’échec est au rendez-vous. L’actuelle majorité est massivement minoritaire. À défaut que les municipales, dominées par des considérations locales et personnelles, en fassent la démonstration, les élections européennes de mai prochain devraient matérialiser dans les urnes le discrédit des deux partis de gouvernement, mais en particulier se traduire par la débâcle du Parti socialiste.

Du coup, une trompeuse euphorie donne à croire que la question est déjà réglée et l’affaire pliée. Nombreux sont ceux qui vendent la peau de l’ours alors que celui-ci est loin d’être abattu. L’animal a de la ressource. Il est malin. Il a encore des atouts dans sa manche. Il compte sur les fautes de ses adversaires, et ceux-ci sont parfois en effet assez sots et assez maladroits pour lui sauver la mise.

Les socialistes apprécient tant la droite, comme jadis François Mauriac l’Allemagne, qu’ils aimeraient qu’il y en ait deux, ou davantage. Déjà minée par des querelles d’ambitions, de personnes et de clans étalées sur la place publique, l’opposition parlementaire, prise de court par le tournant libéral d’un président « socialiste » qui va dans le même sens que Nicolas Sarkozy, mais plus loin que celui-ci n’avait osé aller, s’est scindée entre ceux qui veulent y croire et ceux qui psalmodient Vade retro Hollandas ! Le Président a réussi là un joli coup politicien.

Les socialistes font de leur mieux pour que le Front national soit le plus haut possible. Pas assez haut pour s’emparer du pouvoir. Mais assez pour empêcher la droite classique de l’emporter.

De quoi rêvent les socialistes ? Et que font-ils pour que ce rêve devienne réalité ?

En projetant successivement sur le devant de la scène des problèmes sociétaux – mariage pour tous, statut de la prostitution, euthanasie, interruption volontaire de grossesse, liberté d’expression – dont aucun ne revêtait un caractère d’urgence, mais dont ils espéraient bien qu’ils seraient comme un chiffon rouge agité devant un taureau, les socialistes ont fait coup double. Ils ont saturé les et occupé le terrain, ils ont fait oublier l’essentiel pour concentrer l’attention et les passions sur l’accessoire. Ils ont revêtu à bon compte le beau masque des défenseurs du progrès, de la modernité, de la dignité humaine face à des opposants systématiquement identifiés à l’archaïsme, à la réaction, à l’étroitesse d’esprit et de cœur.

Dans la foulée des débats passionnés et des manifestations de masse qu’ils ont suscités, rien ne leur serait plus agréable que de voir se constituer lors des consultations électorales à venir des listes de diversion qui cristalliseraient et gèleraient, sur des sujets particuliers et marginaux, des voix qui seraient plus utiles ailleurs.

Alors qu’il y a tant de reproches fondés et sérieux à faire au incapable qui est en place depuis maintenant près de deux ans, rien ne peut mieux le servir que les outrances hystériques, que les attaques grotesques de ceux qui croient devoir caricaturer Taubira en guenon, qui assimilent Valls à Himmler, qui mettent sur le même pied un jet de gaz lacrymogène sur des manifestants et l’extermination de quelques millions d’êtres humains, et qui ne s’étonnent même pas de pouvoir se défouler en toute liberté sous une prétendue dictature.

Imaginons - simple supposition - que le programmé après-demain par un regroupement d’organisations aussi mystérieux qu’hétéroclite donne l’occasion à tel ou tel groupement, à tels ou tels excités, à tels ou tels provocateurs, extrémistes ou simples voyous, de hurler des slogans monstrueux, d’arborer des insignes interdits, de briser quelques vitrines, de se défouler sur des cibles matérielles ou humaines, d’imprimer un tour insurrectionnel à leur manifestation, bref de justifier enfin des accusations que rien jusqu’à présent n’a étayé. Il va de soi que nos gouvernants actuels seraient au comble de la joie.

Est-il absolument indispensable de faire plaisir aux socialistes et de leur fournir les armes pour se faire battre ? À vous de juger. À vous de jouer.

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23 janvier 2014

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