Les États-Unis, par la voix de leur secrétaire d’État John Kerry, viennent de prendre la décision de classer les actes de l’État islamique contre les chrétiens, les yézidis et les musulmans chiites comme étant des “génocides”.

“L’État islamique affirme lui-même qu’il commet des génocides, des faits confirmés par son idéologie et par ses actions, par ce qu’il dit, par ce qu’il croit et ce qu’il fait”, a déclaré jeudi le secrétaire d’État américain John Kerry. “L’État islamique est aussi responsable de crimes contre l’humanité et de nettoyage ethnique contre ces mêmes groupes, et dans certains cas contre d’autres musulmans sunnites, contre les Kurdes et d’autres minorités”, a-t-il ajouté.

Cette position n’est que l’officialisation et la qualification juridique de ce que l’on sait déjà depuis des années.

Des informations de massacres nous parvenaient sporadiquement, mais ceux-ci n’avaient jamais été classés officiellement dans la catégorie des génocides et crimes contre l’humanité par la première puissance du monde.

On se plaît à imaginer que certaines personnes – au rang desquelles l’illustre philosophe Onfray, qui s’est épanché dans la presse, à ce sujet, sur un ton péremptoire et donneur de leçons – fassent leur mea culpa.

Vous vous rappelez, il ne fallait pas intervenir en Syrie et en , car nous ferions dès lors une simple guerre impérialiste et colonialiste ? Il fallait user de la « diplomatie » et non de la guerre.

Il aurait donc fallu user de la diplomatie contre le régime nazi pendant qu’il commettait le génocide juif ?

Il ne fallait pas bombarder les populations civiles, préoccupation évidemment fondée, et d’ailleurs prise en compte autant que possible par les États-Unis et leurs alliés, au contraire de la ? Mais comment ont fait les Alliés pour venir à bout d’Hitler ?

“L’Occident attaque, prétendument pour se protéger, mais il crée le terrorisme”, avait-il déclaré.

Après le 13 novembre, le même Onfray avait osé émettre ce tweet déclenchant la polémique : “Droite et gauche qui ont internationalement semé la guerre contre l’ récoltent nationalement la guerre de l’islam politique.”

Le même Onfray est-il mal à l’aise, aujourd’hui, de voir que la guerre était bien menée nom de l’humanité, guerre qu’il acceptait de qualifier comme « juste » dans un entretien radiophonique intitulé “Syrie : tuer ou laisser mourir” qui figure sur son blog, sans en tirer les conclusions qui s’imposent, plus occupé à vilipender l’Occident impérialiste auquel on refuserait à tout jamais tout droit à la rédemption ?

Bien que les raisons de l’intervention occidentale et arabe (n’oublions pas la Ligue arabe, très présente sur le champ de bataille) soient bien entendu politico-économico-stratégiques, tout comme l’était l’intervention des Alliés en et en en 1945, ne l’oublions pas, ne retirons pas à cette intervention son caractère noble : la lutte pour la de l’humanité.

20 mars 2016

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