Si l’ancienne athlète que je suis est bien évidemment “pour”, la citoyenne actuelle, témoin de la crise, est irrémédiablement “contre”.

Les Jeux olympiques sont une fabuleuse compétition. Comme le voulait Pierre de Coubertin, ils sont la consécration ultime pour un compétiteur qui, sans relâche durant quatre années, s’est transcendé pour accéder au podium. Ils sont aussi l’honneur ultime, pour un athlète, de représenter son pays et de ressentir une joie indescriptible à voir hisser au plus haut son drapeau.

Hélas, derrière ces fêtes populaires et ces médiatisations à outrance, le sport est devenu un instrument économique et entre les mains des États. Ainsi les Jeux olympiques de 1936 de Berlin devaient, à travers le IIIe Reich, montrer la puissance retrouvée de l’Allemagne. De la même manière, durant la guerre froide, les Jeux de Moscou et de Los Angeles étaient censés révéler les bienfaits des régimes communistes et capitalistes, ceci souvent d’ailleurs au prix du dopage.

Aujourd’hui, rien n’a changé pour le pays organisateur, les Jeux olympiques restent un moyen sûr de mettre en avant les gouvernants. Rien n’est mieux, pour un président de la République, que de se faire prendre en photo avec des médaillés pour gonfler les sondages. Hélas, il n’y a plus d’argent dans les caisses alors, bien évidemment, on vous parle d’un financement privé. Par contre, ce que l’on vous dit moins c’est que les dernières compétitions se sont traduites par des déficits record.

Ainsi, en 1976, les Jeux olympiques de Montréal laissèrent un trou de 990 millions de dollars que les contribuables canadiens mirent 30 ans à rembourser. En 2004, ceux d’Athènes se traduisirent par une catastrophe financière qui n’est pas étrangère à la situation dramatique actuelle du pays. Enfin, pour les derniers, ceux de Londres, le coût de départ estimé à 4 milliards se traduisit à l’arrivée par un triplement du prix.

Comme toujours, les cabinets d’études évoquent de considérables retombées économiques, litanie reprise par les politiques qui ne pensent, eux, qu’à leur aura et à leurs réélections optimisées. Mais restons lucides, posons-nous les vraies questions : comment notre gouvernement va-t-il gérer la sortie de sommes considérables alors que la dette de la France a dépassé les 2.000 milliards ? Où la va-t-elle trouver 6 milliards alors qu’il faut déjà rembourser les 400 millions manquants ?

Face à cette gabegie, je pense d’abord à ces 8,5 millions de Français vivant sous le seuil de pauvreté. Je pense à ces personnes âgées qui, ayant travaillé toute leur vie, ne peuvent se payer que des mouroirs comme maisons de retraite. Je pense à nos concitoyens qui n’ont plus les moyens d’accéder aux soins dentaires, pharmaceutiques ou chirurgicaux.

Ne nous leurrons pas, le gouvernement sera obligé de taxer encore plus les Français pour récupérer le déficit. L’État transformera ainsi quinze jours de réjouissances en de nombreuses années de galère. Pour conclure, Hidalgo nous parle de la construction d’un village olympique dans le 93, village qui, ensuite, sera transformé en logements sociaux. Il est facile d’imaginer les problèmes de pour les délégations et les supplémentaires en gardiennage et systèmes de surveillance. Mais, surtout, qui profitera de ces logements situés en Seine-Saint-Denis ? Certainement pas cette France périphérique.

Mais cela, les socialistes s’en fichent car, en 2024, ils savent bien qu’ils ne seront plus au pouvoir !

16 avril 2015

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