Quand, le 13 septembre, a reçu à l'Élysée les médaillés aux Jeux de Tokyo, il a reproché à la famille olympique un bilan global décevant (bien que la France ait obtenu une honorable 8e place, devant l' et l'Italie, nations sportives s'il en est). Dans l'optique des Jeux 2024 de Paris, le Président s'est voulu exigeant, intransigeant : « Je vous le dis très clairement, on doit faire beaucoup plus [...] Et donc il faut pour chaque fédé, pour chaque sportif, se mettre la pression maximale. » Tout en rappelant que grâce à Jupiter, les athlètes et leur entourage bénéficiaient d'une enveloppe annuelle de 100 millions d'euros au titre du soutien à « la haute performance », pactole géré par l'Agence nationale du sport, une usine à gaz instaurée par la Macronie pour pallier l'existence d'un réel ministère des Sports, l'actuel mini-ministère étant sous la tutelle de l'Éducation nationale.

Et dans le cadre de la loi de finances 2022, Roxana Maracineanu, le mini-ministre délégué aux Sports, vient d'obtenir une rallonge de 10 millions ainsi justifiée : « Ces moyens complémentaires visent à amplifier l'action de l'Agence en matière de haute performance dans la perspective des JO de 2024, en lui permettant de mettre en œuvre les axes stratégiques qu'elle a présentés. »

Autour de ces axes, il y a un projet qui fait grincer des dents. L'Agence a, en effet, estimé que si nos athlètes ne donnaient pas leur pleine mesure, c'est qu'ils étaient mal encadrés, que les entraîneurs nationaux n'étaient pas à la hauteur ! Du coup, elle a élaboré le plan « Coachs 2024 ». De quoi il retourne ? Primo, de faire revenir au bercail les entraîneurs français qui sont partis à l'étranger exercer leurs talents (c'est louable, bien qu'il eût été préférable de ne jamais les laisser partir). Et surtout, secundo, il s'agit de proposer des « financements spécifiques pour permettre le recrutement de coachs de niveau mondial ». Autrement dit, offrir des contrats juteux à des mercenaires. L'Agence propose ainsi aux fédérations sportives de financer le recrutement d'entraîneurs et de techniciens étrangers, le personnel français étant jugé trop limité dans ses compétences !

Un premier bataillon de cette légion étrangère a déjà été enrôlé. Le Néerlandais Jacco Verhaeren a été nommé directeur des équipes de France de natation. L'Ukrainien Vitaly Marinitch est désormais l'entraîneur de l'équipe de France masculine de gymnastique. Le Brésilien Bernardo Rezende est le nouveau patron du volley-ball. Le Cubain Humberto Horta Dominguez s'occupera de l'équipe féminine de boxe. Quant à la fédération d'aviron, elle a recruté un conseiller très spécial et très expérimenté, Jürgen Grobler, un Allemand de 75 ans, qui s'est fait une réputation internationale avant la chute du mur de Berlin, quand il entraînait les rameuses à moustaches de la sulfureuse RDA !

1 novembre 2021

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