Après l’« exfiltration » du camarade du poste de premier secrétaire du Parti socialiste – et son remplacement par un autre ancien trotskiste, le camarade Jean-Christophe Cambadélis, « Koskas » pour son pseudonyme au sein du Parti communiste internationaliste d’obédience lambertiste –, l’incertitude a régné quant à la désignation de la tête de liste socialiste pour les européennes en Île-de-France, avant que Pervenche Berès ne soit finalement confirmée.

Mais, au juste, est-ce d’une quelconque importance pour les socialistes ? On ne peut qu’en douter, lorsque l’on s’intéresse aux raisons profondes de l’arrivée d’ sur ce qui n’est désormais qu’un strapontin – prochainement éjectable ? – du gouvernement.

En effet, l’engagement français dans le mécano infernal bruxellois est désormais directement piloté par l’Élysée : en témoigne la nomination au secrétariat général de la présidence de la République de Jean-Pierre Jouyet, incarnation suprême de l’UMPS, qui occupa la fonction de ministre délégué aux Affaires européennes durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. À ce titre, M. Jouyet fut chargé de négocier le traité de Lisbonne, véritable forfaiture qui permit de faire adopter par le Parlement une Constitution européenne rejetée par plus de 55 % des Français lors du référendum du 29 mai 2005.

Si M. Jouyet demeure le commanditaire de la mise sous tutelle française des impératifs euro-mondialistes, les principaux commandités seront MM. Valls et Sapin, qui multiplieront les allées et venues entre Paris, Berlin et Bruxelles.

Alors, à quoi sert un portefeuille aux Affaires européennes, de surcroît réduit au format d’un simple secrétariat d’État ?

À recaser après son échec total à la tête du PS et la répulsion quasi unanime qu’il a suscitée rue de Solférino ? Certainement. Mais cela constitue surtout un révélateur : c’est que la France a tellement réduit sa marge d’expression politique et souveraine qu’elle n’a même plus la moindre autonomie quant à sa propre définition des engagements européens. Harlem Désir ne fera que tapisserie au milieu d’un décor dessiné à Bruxelles et exécuté à Berlin.

Même au sein de l’Union européenne, la politique européenne de la France, aussi contestable pouvait-elle être, a cessé d’exister.

Le combat contre l’Europe de Bruxelles, plus que jamais, doit être celui qu’il faut mener au Parlement européen. Avec des convictions pour la France, pour la seule Europe qui ne cessera jamais d’exister, celle qui incarne notre civilisation. Et cela de concert avec les peuples européens, désormais en état de révolte contre l’euro-mondialisme bruxellois.

20 avril 2014

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