Non, je ne suis pas Charlie. Je suis Français. Ils m’ont agacé, ils m’ont énervé, ils m’ont peiné, ils m’ont dégoûté, ils m’ont fait rire. Ce ne sont pas des héros, pas moins que les policiers tombés l’arme à la main ; ce sont des victimes, pas plus que l’agent d’entretien tué en premier.

Ce sont des Français exécutés sur le sol français par des Français. “Parce qu’ils n’aiment personne, ils croient qu’ils aiment Dieu”, écrivait Péguy.

Ce n’est pas une prétendue d’expression qui a été attaquée. Mais l’Autre. Cet Autre qui est l’ennemi. Cet Autre qui est tout et qui n’est rien. Cet Autre à mille visages, tué par la main qui n’en arbore qu’un. Celui de l’islamisme.

La France l’a combattu et le combat encore hors de ses terres. On découvre aujourd’hui qu’il est à l’intérieur, organisé ou anarchique, mais jamais vraiment isolé. Non, je ne suis pas Charlie. Je suis Français : comme les 8 usagers du métro Saint-, les 3 enfants et le parent de l’école juive de , les 3 militaires de Montauban et de Toulouse, la chroniqueuse, le correcteur, l’ex-journaliste, l’économiste et les 5 dessinateurs de , les 3 policiers et les otages de Vincennes.

Non, je ne suis pas Charlie. Je suis Français, fier de mon pays, qui laisse l’amalgame haineux à Jean-Michel Ribes, à La Tribune et à .

Je suis Français comme ces centaines de milliers de personnes pacifiques, levées spontanément comme un seul homme dans toutes les villes à l’appel du cor de . Je suis Français comme ces cloches de Notre-Dame de qui sonnent le glas pour sa descendance meurtrie. Je suis Français issu de ce long cortège d’Histoire parfois funèbre. Je suis Français descendant de “ces deux mille ans de labeur” chers à Péguy.

Non, je ne suis pas Charlie, je suis Français, comme Charlie, comme les trois policiers, comme les autres.

12 janvier 2015

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