Le « Monsieur retraites » du gouvernement Philippe, Jean-Paul Delevoye, vient d’être pris la main dans le sac : il a « omis » de déclarer être administrateur principal de l’Institut de formation de la profession de l’assurance. Un oubli gênant, quand on sait que les assureurs seront les premiers bénéficiaires de la réforme des retraites.

On apprend, mardi, qu’il annonce également démissionner de la présidence du think tank Parallaxe, qui lui versait 5.300 euros de gratifications mensuelles.

Réaction de Jérôme Rivière au micro de Boulevard Voltaire.

La réforme des régimes de retraite se poursuit. Alors que plusieurs centaines de milliers de personnes manifestent en ce moment dans Paris, le gouvernement fait face aux difficultés de son responsable des retraites, monsieur Delevoye. Il a été pris «  la main dans le sac ». Il siégeait bénévolement dans une école de formation d’assurance.
Y a-t-il un conflit d’intérêts ?

Il a été pris en flagrant délit de mensonge. Jean-Paul Delevoye est chargé depuis plusieurs années d’une réforme qui ne fait absolument pas l’unanimité et qui a comme objectif de détruire un régime qui existe depuis la Seconde Guerre mondiale. Les premiers bénéficiaires seront les assureurs. Il a menti pas omission en ne déclarant pas qu’il est administrateur principal de l’institut de formation des assureurs. C’est très grave.
Aujourd’hui, j’ai saisi la haute autorité pour pour la transparence de la vie publique pour demander à ce que l’agence française anticorruption engage un contrôle contre monsieur Delevoye.

Nous avons demandé à Manon Aubry, une de vos collègues qui siège au parlement européen si cette demande des réformes des retraites est une émanation directe de la Commission européenne. Est-ce le cas selon vous ?

Je ne sais pas si c’est une émanation directe, mais c’est soutenu par la commission et par l’ensemble du système mondialisé qui souhaite appauvrir les régimes des nations et mettre en avant des régimes financiers internationaux. On voit bien que le régime par répartition est un régime marqué par la solidarité et la fraternité à l’intérieur d’un État. En détruisant ces régimes, on laisse des entreprises multinationales venir s’immiscer dans quelque chose qui était au cœur de la nation.
Cela s’oppose à la vision nationale que nous pouvons avoir au Rassemblement national.
Monsieur Delevoye, qui siège au gouvernement et qui est détenteur d’autorité publique, a sciemment méconnu des recommandations concernant le trafic d’influence, la prise illégale d’intérêt et le favoritisme. Ce sont des chefs d’accusation importants. Je pense qu’il faut le répéter. On ne peut pas laisser s’installer l’idée que les élus sont étourdis. Nous avons eu un élu qui avait une phobie administrative, là ce serait une mémoire légère. C’est inadmissible et inacceptable. Cela montre dans ce gouvernement Macron, la prééminence d’un principe de non-respect de la loi et des Français et de copinage insupportable.


Delevoye doit-il démissionner ?

Delevoye doit démissionner. Comme je ne compte pas sur la moralité de ces personnages qui entourent Emmanuel Macron pour agir comme il devrait, je souhaite qu’il y ait une enquête qui soit diligentée par l’agence française anticorruption.

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