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Editoriaux - Théâtre - 1 avril 2015

Jean Roucas n’est pas Charlie

Jean Avril prit pour pseudonyme le nom du quartier de Marseille où il avait grandi : le Roucas-Blanc. Il fit rire la France entière avec “Le Bébête Show” et avec ses “Roucasseries”. Depuis quelque temps, on le voit moins à la télé, et certains de ses spectacles ont été déprogrammés à Gardanne, Livry-Gargan, Coutances, Saint-Maximin et Saint-Pierre-des-Corps. Récemment, Jean Roucas jouait dans une pièce à Paris mais, hier, Jacques Mailhot, directeur du théâtre des Deux-Ânes, a décidé de “mettre fin à sa participation dans les plus brefs délais”.

Jean Roucas a-t-il détourné de l’argent vers la Suisse ou le Maroc ? A-t-il eu des rapports sexuels avec des mineures ? A-t-il été complice de Coulibaly ? A-t-il précipité un Airbus sur une montagne ? Non, Jean a posté un tweet. À l’instar de Dieudonné ou de Richard Millet, Jean ne bénéficie pas du joker Charlie, Jean n’est pas de gauche : la liberté d’expression ne s’applique pas à lui. Depuis 2013, Jean Roucas soutient le Front national, le parti qu’il est légal, voire obligatoire, de stigmatiser selon monsieur Manuel Valls, Premier ministre.

Suite aux paroles de Manuel, les intellectuels sont passés aux actes : à Marseille, un candidat et un militant FN ont été agressés par huit individus ; à Gruissan, la candidate FN et deux militantes ont été insultées et menacées de mort par un proche du PS ; à Cahors, appels téléphoniques anonymes et tags sur le domicile et la voiture du candidat FN ; à Saint-Pardoux-Isaac, pneus crevés et véhicule dégradé ; mairie incendiée à Hénin-Beaumont ; des candidats ou sympathisants FN ont également été agressés à Fabrezan, Bram, Nantes, Bain-de-Bretagne, Le Mans, Grande-Synthe, Le Crès, Arras, Origny-en-Thiérache, Elbeuf, Audincourt, Roanne, Vénissieux, Saint-Junien, Savigny-le-Temple, Vélizy-Villacoublay, Dugny, Sartrouville, Suresnes…

Jean Avril-Roucas a dénoncé cela dans un tweet. Les bien-pensants socialistes veulent donc se débarrasser de ce poison d’Avril.

Jean Roucas n’est pas Charlie, et n’est pas très intelligent non plus car, pour relancer sa carrière et engranger les bénéfices, il lui suffisait de lécher les bottes de gauche, comme un Jamel Debbouze, ou de retourner sa veste comme Enrico Macias qui, après avoir soutenu Sarkozy en 2012, plébiscitait Anne Hidalgo en 2014. Mais Jean Roucas nous démontre qu’au-delà de l’humoriste franchouillard, du comique troupier, du chansonnier un peu beauf, il est un homme de valeurs et de convictions : il ne milite ni pour son portefeuille ni pour son ego. Il en a pris conscience dès 2013 : « [Je constate] avec effroi que la gauche caviar qui tient les rênes du métier du spectacle pardonne plus facilement à un type qui a massacré sa femme à coups de poing qu’à moi qui ai eu tort de dire mes sympathies. »

Jean Roucas, en février dernier, vous avez écrit : « Un pays dans lequel la liberté de s’exprimer devient le privilège des gens de pouvoir et de ceux qui les soutiennent est un pays fasciste. » En mars, vous récidivez en concluant votre tweet par « Heil Hollande ! » Vous êtes donc condamné à rejoindre les millions de chômeurs, les illettrés, les sans-dents, qui se contentent de dire « Aïe, Hollande ! » ou « Hollande, ouille ! »

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