Tu veux ou tu veux pas ? Que vient donc faire -ici – le titre d’une chanson de Marcel Zanini ?

Aussi incongru que cela puisse sembler, il représente pourtant, à mon sens, avec une vérité dérisoire et cruelle à la fois, le climat politique d’aujourd’hui et le mystère présidentiel.[…]

Les citoyens sont dans leur rôle en piaffant d’impatience avec cette idée fausse mais qui fait du bien qu’il suffira de changer le Premier ministre et le gouvernement pour que, par magie, la France enclenche une vitesse la projetant enfin dans la réussite.

Ou que la dissolution pourrait être une solution alors que, pour le pouvoir socialiste, elle serait la pire car il troquerait une majorité rebelle mais réelle contre une absence de majorité. La tension vaut mieux pour lui que la cohabitation. […]

Je suis sûr […] que lui, plus que tout autre analysant, commentant, sent que son action est insuffisante, pas assez ferme, inférieure à ce que devrait susciter l’état de la France. Il n’a pas l’ombre d’un doute sur le fait que l’estimable et loyal Ayrault ne sera jamais le Premier ministre dont le Président qu’il est aurait eu besoin. Dès l’origine, François Hollande s’est choisi un clone avec moins de talent et de roublardise que lui et il ne cesse de payer cette erreur initiale. Il ne surestime pas non plus l’excellence de la plupart de ses ministres. Mais que pourrait-il bien entreprendre avant que le désastre municipal annoncé et probable vienne dégrader jusqu’à la corde démocratique une équipe déjà usée ? […]

Il est clair que que la réactivité du gouvernement actuellement est purement négative.

Interpellation de militants d’extrême droite le 11 novembre, qualifiés étrangement de “factieux” par Manuel Valls. Celui-ci aurait-il eu vent d’une menace de coup d’État par ces trublions superbement semoncés par un jeune et courageux agrégé d’histoire ? Comme on aimerait que les interventions policières fussent à l’encontre de tous les fauteurs de troubles aussi décisives et rapides !

Plainte pour défendre Christiane Taubira à la suite d’une couverture raciste de Minute, alors que le garde des Sceaux, avec clairvoyance, refusait une protestation juridique personnelle parce qu’elle aurait amplifié le retentissement de ce qui l’offensait.

On est aux aguets, on écoute aux portes. On se demande ce que le Président va sortir de son chapeau pour surprendre, étonner la France. Lui donner un coup de fouet. Rien évidemment. Il n’y a aucune magie pour l’exercice du pouvoir. […]

Il faudrait au moins que le Président, en tenant son cap puisqu’il a l’air d’y tenir et qu’il le juge riche d’avenir, accepte tout de même de nous offrir quelques signes d’écoute, quelques pistes de compréhension et, surtout, l’affichage plus conséquent d’une relation forte entre lui et nous – de notre envie de changement, de son envie d’attendre. De notre complicité civique. Qu’il nous ouvre un peu sa porte et son silence.

Cela nous aiderait à patienter.

Tu veux ou tu veux pas ?

Même si pour longtemps encore il ne peut pas vouloir, que le Président nous laisse espérer. Le pays en a besoin. Ce serait mieux que rien.

Extrait de : Tu veux ou tu veux pas ?

14 novembre 2013

À lire aussi

Olivier Duhamel : il paraît que « tous savaient ». Et, donc ?

Je suppose que les jumeaux Camille et Victor ne criaient pas sur les toits, la première ce…