Valls sans majorité à l’Assemblée, selon le vœu de Mélenchon (lundi sur RTL : « Je suis pour que Valls soit battu ») : entendu au pied de la lettre, cela signifie le retour de la droite au pouvoir après une dissolution, et une bonne vieille cohabitation Hollande/Juppé ou Hollande/Copé.

C’est une vieille constante de la culture d’extrême gauche en France : mieux vaut la droite au pouvoir que la social-démocratie aux manettes du « grand capital ». L’histoire du communisme français connaît ainsi quelques épisodes fameux : 1978, par exemple, lors de législatives gagnables par la gauche, mais perdues par la grâce de quelques déclarations fumantes de Georges Marchais entre les deux tours.

Les hérauts de cette « ligne de classe » l’habillent toujours de considérations pieuses : il faut « peser » sur les socialistes pour les obliger à être réellement de gauche. Jamais dans l’histoire cette rhétorique n’a été suivie d’effet. Mais elle sert toujours à donner du plaisir à une frange de l’électorat de gauche (y compris une frange plutôt proche du PS), la frange qui, socialement, a les moyens de bien vivre, que le pouvoir soit exercé par la droite ou la gauche.

J’ignore – et je ne suis pas le seul – si la « ligne Valls » sera efficace et favorisera le retour de la croissance. Mais le moins que l’on puisse faire, c’est souhaiter que son volontarisme (au-delà des mesures strictement économiques ou budgétaires) réussisse à faire repartir la machine à produire des richesses matérielles.

L’extrême gauche mélenchonnienne (mais JLM dit tout haut ce que le PCF et d’autres au PS pensent tout bas, sans aller au bout de leurs phrases car ils ont des intérêts d’élus à défendre) joue ainsi la politique du pire, si l’on se place du point de vue des valeurs de gauche et même celles de la droite modérée. Le pire étant le plus sûr aujourd’hui : un score éclatant du FN aux européennes. Et pire du pire encore à mes yeux : une crise aggravée du système des partis, des institutions représentatives, ceci nourrissant cela.

Une certitude : ceux qui sont censés être mieux défendus par Mélenchon et l’extrême gauche que par les droites éclatées (les pauvres, les laissés pour compte, les exclus) ne gagneront rien à cette crise de la République et de la démocratie. Ils sont déjà les perdants.

Partager

À lire aussi

Et ils n’ont rien trouvé d’autre que le bureau de Delanoë ?

Manquent plus que Mme Dati et la famille Tibéri pour reconstituer la ligue dissoute et pro…