Dans la vie, il faut bien exister. , du Parti de gauche, le sait mieux que personne, parti à la reconquête des lambeaux d’une classe ouvrière votant désormais depuis belle lurette pour un autre Front, mais pas de « gauche », celui-là. Surtout lorsque ce lundi matin, sur les ondes de RTL, il instruit le procès de François Hollande, l’accusant de « duplicité », de « manipulation » et d’éventuelle « seconde nature ». En la circonstance, il y a de quoi rigoler, surtout venant d’un trotskiste tendance OCI.

Petite piqûre de rappel : il y a trois familles trotskistes en France. Évacuons la première (Lutte ouvrière) qui ne compte guère, si ce n’est à titre décoratif et pour inspirer des chansons à Alain Souchon. Depuis, Arlette Laguiller, Sheila trotskiste du genre à moitié yéyé, s’est trouvée démonétisée depuis le 21 avril 2002, ayant osé dire que Chirac et Le Pen, c’était bonnet brun et brun bonnet.

Puis la Ligue communiste révolutionnaire, dont Edwy Plenel est aujourd’hui l’un des symboles les plus emblématiques. Trotskisme de flic. Trotskisme sociétal, avec pour objectif les fumeurs de joints sans papiers en vente libre.

Ensuite, celui de Jean-Luc Mélenchon, trotskisme des plus sérieux. Parce que eux, c’était du lourd. En mai 68, ils n’ont que peu défilé. Si ce n’est en rang par deux et le poil ras. En la figure du « grand Léon », Trotski et non point Degrelle, ces « lambertistes » voyaient plus le chef de guerre ayant réorganisé l’Armée rouge que l’intellectuel cosmopolite enfiévré.

Bref, il y a des trotskismes plus plausibles que d’autres. Celui d’un aura au moins eu l’avantage d’avoir fait germer de jeunes pousses des plus prometteuses, telles Jean-Christophe Cambadélis – actuel premier secrétaire du PS, remplaçant d’un autre trotskiste, Harlem Désir, issu de l’écurie concurrente de la LCR, pilotée par le frère ennemi Julien Dray, tous deux vite dégagés –, sans compter le « meilleur d’entre eux », un certain… Lionel Jospin.

De fait, un tentant maladroitement de renouer avec son passé révolutionnaire – pas évident, après quelque vingt années passées au Sénat – nous la joue sur le mode de la sincérité hollandaise. Certes, les putains repenties peuvent donner d’excellentes bonnes sœurs mais, en la circonstance, la vraisemblance n’est pas exactement au rendez-vous.

De François Hollande, il dit donc : « Il s’est installé dans un système qui rend tout le monde fou : il dit une chose et fait exactement le contraire. […] De la manipulation, il y en a toujours eu chez lui, c’est quasiment une seconde nature. […] Je l’ai toujours connu dans cet aspect de duplicité permanente. »

Voilà un président rhabillé pour l’hiver. Et, surtout, un avis d’orfèvre en matière de « manipulation » : entre vendus et voyous, il y a toujours moyen de s’entendre.

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6 mai 2014

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