La France a perdu un grand serviteur… Jean-Louis Debré vient en effet de quitter le après neuf ans de bons et loyaux services consistant à « juridiciser » toujours plus la française et corseter toujours plus le pouvoir politique.

Pour justifier la validation de la loi de mariage unisexe, monsieur Debré s’enorgueillit que, sous sa présidence, cette institution a toujours jugé strictement en droit et en excluant toute morale. Ouf ! Heureusement que cette loi n’a pas introduit le mariage à trois, car il l’aurait aussi validée puisque rien, dans notre droit constitutionnel, ne l’interdit !

Toutefois, juger strictement en droit ne l’empêcha pas de valider un dispositif qui est une porte ouverte vers des problèmes de filiation et de grossesse pour autrui avec toute la marchandisation et l’industrialisation par les sociétés riches de la procréation dans les pays pauvres. De toute évidence, la morale n’est pas une vertu chez cet homme.

Rassurons-nous : après une belle carrière entre la fonction publique judiciaire et le pouvoir politique, couronné d’un titre de défenseur des droits et libertés constitutionnels, ce serviteur dévoué de l’idéologie républicaine ne va pas aller finir sa vie retiré dans sa maison de campagne à lire et écrire des romans policiers. Non, à 71 ans, alors que beaucoup profiteraient d’une retraite bien méritée, monsieur Debré va poursuivre une carrière de président du Conseil supérieur des archives qui aurait pu échoir à un fonctionnaire ou un universitaire méritant ! Eh oui, c’est dur de n’être plus utile en rien et de vivre dans l’anonymat et le désintérêt après avoir connu la gloire (François, trouve-moi quelque chose à faire, je t’ai bien aidé quand il a fallu valider ta loi de mariage pour tous).

À ceux qui pensent encore que la République française n’est qu’un régime parmi d’autres et non une idéologie de combat qui doit embraser toute la société, il est recommandé d’écouter et admirer sur Boulevard Voltaire notre grand commis, Jean-Louis Debré, qui, à l’occasion de son départ de la rue de Montpensier, a déclamé sa flamme par une ardente prière à sa déesse éternelle : la République !

Comment s’étonner, après cela, que cet homme ne vibre pas au souvenir de Clovis, de Bouvines, de Jeanne d’Arc, du Grand Siècle et de Lapeyrouse mais considère, au contraire, que la France est née avec la Révolution et la IIIe République ?
Quand on copie à ce point la chrétienne (il n’y a pas d’ironie dans son attitude), à déifier ce qui n’est qu’un mode de fonctionnement des institutions et à faire d’une idée une pseudo-religion, nous ne sommes alors plus dans un régime politique mais dans une idéologie.

Et quand les grands prêtres de cette idéologie en viennent à décider unilatéralement que tout ce qui ne correspond pas à leurs conceptions est frappé d’anathème et n’a pas droit d’exister et de s’exprimer, alors qu’est-ce d’autre qu’une idéologie totalitaire ?

18 mars 2016

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