Mais quelle mouche a donc piqué ce jeudi 7 novembre sur les ondes de RMC ? Certes, depuis quelques semaines, le thème (usé jusqu’à la corde) d’une raciste et repliée sur elle-même s’affiche sur tous les , mais à l’approche de chaque élection nationale, c’est toujours le même refrain qui revient avec une régularité de métronome, et Bourdin le sait bien. Comment donc ce vieux routier de la radio qui, si l’on peut dire, est tombé enfant dans la marmite de l’ a t-il pu perdre ainsi son sang-froid ?

Venons-en aux faits. Qu’est-ce qui a bien pu motiver son courroux ? Des injures ? Des calomnies ? Pas vraiment. Un premier auditeur a déploré que l’on fasse d’une insulte à caractère raciste adressée par un enfant de dix ans à Christiane Taubira une affaire d’État. Un second auditeur a fait remarquer que dans les classes maternelles, les enfants qui ne parlent pas le français ralentissent le rythme d’apprentissage de toute la classe. Le premier s’en est tiré avec un « vous êtes complice », le second serait xénophobe. Bigre, on connaissait la langue bien pendue de Jean-Jacques Bourdin, on sait maintenant qu’il peut aussi avoir la main lourde.

Mais la suite est d’un autre tonneau.

Attention ! Je vais mettre de coté tous les mails qui ont cette idée xénophobe, cette idée raciste qui n’est pas exprimée directement mais qui est sous-jacente, qu’on voit là émerger…

Voilà qui a le mérite d’être clair, et nul besoin d’aller chercher une pensée “sous-jacente”. Jean-Jacques Bourdin, tout bonnement, menace et se propose de tenir une sorte de fichier des auditeurs coupables de pensée xénophobe et raciste. Il sera à la fois flic et juge, puisqu’il s’attribuera le droit d’exposer les arrière-pensées coupables qui pourraient se dissimuler derrière des propos nuancés.

Les auditeurs de RMC sont prévenus.

« L’antiracisme sera le communisme du XXIe siècle », nous disait , sans doute inspiré par Emmanuel Levinas qui, pour sa part, affirmait : « Toute générosité est menacée par son stalinisme. »

Communisme, stalinisme, antiracisme ! Oui, cette fois-ci, je crois qu’on peut vraiment oser cette asyndète.

7 novembre 2013

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.