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Editoriaux - Politique - Table - 15 juin 2014

Jean-François Copé autrement, un autre jour, dans un autre monde

a fait ses adieux au music-hall. Devant un parterre qui réunissait les purs et durs de son fan-club, le président de l’UMP « encore-jusqu’à-dimanche » a dévoilé la manière dont il entrevoyait la suite de sa carrière.

Réclamé à cor et à cri par la troupe des « Enfoirés », harcelé par la corporation des comptables acrobates, Jean-François Copé a déçu l’Assemblée en annonçant qu’il préférait imaginer un autre temps, un temps où l’on commence par se taire. Toute réunion en langage des signes étant pour l’instant exclue, il semble donc que le maire de Meaux soit bien décidé à se faire oublier. Terminé cet UMP de malheur, adieu tout le monde, retraite, sari orange, un petit ashram dans la périphérie de Meaux et vogue la galère… Dans quelques années, candidat pour remplacer le dalaï-lama, mais n’anticipons pas.

En attendant ce possible nirvana, l’irradié de l’UMP déposera dès la semaine prochaine deux projets de loi concoctés par ses soins pour demander la transparence de tous les partis politiques. Du lourd. NKM en papamobile, Raffarin dans un aquarium… Les propositions sont radicales.

Revenant à l’aspect philosophique de sa réunion, Jean-François Copé a annoncé qu’il entendait faire de la politique autrement, sous les hourras d’un public convaincu qu’il n’y avait aucune difficulté à faire autrement. Continuer pareil eût surpris.

Dans quel genre de costume va-t-il nous revenir ? Quels effets spéciaux dans les congrès ? Jean-François Copé a-t-il l’intention de suivre une formation accélérée auprès de Beppe Grillo ? Nul ne le sait. « Autrement » laisse la porte ouverte à toute une foule de fantasmes… Le public est galvanisé. Rentré chez lui, le spectateur s’endort avec des images de monde meilleur, d’un UMP sauvage détruisant ce monde injuste à la tronçonneuse… Que du bonheur.

Pour clore ce gala plein d’émotion, l’orateur s’en fut évoquer les poètes… Chevelure ébouriffée, écharpe rejetée en arrière, le futur ermite de Meaux lut quelques lignes de Boileau adressées à Molière lors de ses déboires avec « Tartuffe »… S’identifiait-il à ce personnage ou bien à son auteur ? Le trouble était à son comble. Les lumières éteintes, ne restait dans la salle que cette impression étrange qu’aucun autrement n’existerait jamais sur cette planète.

Quel charisme, ce Jean-François Copé !

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