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Editoriaux - Politique - 3 décembre 2013

Jean-Claude Gaudin : un maire… qui en a !

À partir du 1er décembre, la police municipale de Marseille patrouillera avec des armes non létales de type Flash-Ball. Elle pourra aussi utiliser des « armes à impulsion électrique de type Taser », une fois la formation de ses agents terminée. Longtemps réticent à un tel armement, le maire de Marseille – – a fait amende honorable : « La réalité, le quotidien, les situations difficiles que vivent nos agents sur la voie publique m’ont persuadé qu’ils devaient être équipés de moyens de défense dissuasifs. » Bravo, Monsieur Gaudin, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !

Voilà un maire comme on les aime, un premier magistrat qui en a ! Un maire emblématique qui, malgré son âge (74 ans), a raison de se représenter ! On ne peut avoir qu’un faible pour ce célibataire endurci – sans équivoque aucune – qui aurait pu se marier, si l’on en croit ses confidences au Monde : « J’ai eu quelques occasions. Mais je voulais consacrer le peu d’argent que j’avais à me faire élire. » Formé à l’école des bons pères, démocrate-chrétien bon teint, Jean-Claude Gaudin personnifie tellement bien Marseille et sa bonne mère, avec sa faconde méridionale à l’accent rond et chantant qu’imite si bien Nicolas Canteloup. Depuis 18 ans, il s’identifie à sa ville, comme le faisait, jusque dans ses outrances, son prédécesseur Gaston Defferre, abstraction faite de sa couleur politique qui était avant tout marseillaise.

On imagine mal Marseille dirigée par un quelconque Mennucci que le maire sortant a rhabillé pour l’hiver, l’autre jour sur Europe 1 : « Depuis que je suis maire, j’ai fait reculer le chômage de moitié. On construit 5.000 logements par an, dont 1.500 logements sociaux. Et qu’est-ce qu’il fait, lui ? Quand il faut prendre une décision sur la métropole, il sort de la séance du conseil municipal pour faire pipi… » Sa gouaille volontiers provocatrice, le maire de Marseille la distille, non sans une certaine gourmandise, à tous ceux qui lui « cherchent des poux dans la tonsure ».

Jean-Luc Bennahmias, leader du MoDem dans la cité phocéenne, en sait quelque chose : « Celui-là n’a jamais été aspergé d’eau bénite, a-t-il déclaré sur Public Sénat. Moi, j’ai grandi dans les sacristies. C’est mieux… » Sans oublier cette vanne à l’encontre de Renaud Muselier, l’ex-ministre marseillais qui rêvait de l’investiture UMP : « Moi, je ne me fais pas tirer la peau et je ne me teins pas les cheveux couleur violette impériale. Je m’assume. » Bon joueur, le prétendant UMP éconduit n’en est pas encore revenu : « Avec lui, il n’y a pas de sang sur les murs : il vous étouffe. C’est un édredon, ou un buvard. J’en suis la meilleure preuve. »

Noms d’oiseaux, galéjades, tu tires ou tu pointes… On va se régaler dans cette campagne électorale, la quatrième pour le sénateur-maire UMP. Un maire qui n’a jamais voulu bousculer Marseille, au risque de se voir reprocher une certaine lenteur dans sa gestion. « Avec lui, on a le temps de tuer un âne à coups de figues ! » lui balance son adversaire socialiste qu’en retour à l’envoyeur, Gaudin allume sur le « clientélisme excessif » du PS à Marseille.

Jean-Claude Gaudin semble tout droit sorti d’un roman de Pagnol. On le verrait volontiers en train de jouer une partie de cartes sur le Vieux-Port ou mijoter une bouillabaisse dans son cabanon des calanques. « Il connaît l’âme marseillaise et chaque rue de sa ville, sans doute mieux que Defferre », résume Eugène Caselli, président de la Communauté urbaine, qui le connaît bien. Jean-Claude Gaudin partage sans doute secrètement le même souhait d’épitaphe que son éminent prédécesseur : « Ne donnez pas mon nom à une rue ou à un collège. Faites momifier ma main et dites qu’elle a beaucoup signé pour Marseille… » Mais on n’en est pas là : même s’il s’est mis au régime, Gaudin “galéjade” encore : « Il ne faut pas que je maigrisse trop, sinon les Marseillais croiront que je suis malade. » Restez tel que vous êtes, Monsieur le maire, surtout ne changez rien.

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