Editoriaux - Politique - Tribune - 13 juin 2019

Je suis un dinosaure : je reste un électeur de la droite traditionnelle

Les médias annoncent, depuis une grosse semaine, la mort du camp auquel j’ai toujours appartenu (sauf à 9 ans : en 1965, j’étais pour François Mitterrand ; la honte !). M. Bellamy n’ayant fait que 8,5 %, l’avis de décès de LR a été signé par tous les soi-disant experts politiques et les électeurs des Républicains sont sommés de rejoindre, suivant leurs affinités, soit le RN soit LREM. Personnellement, aucune de ces deux formations ne me convient et je ne pense pas être le seul.

À mes yeux, Mme Le Pen appartient à l’arc constitutionnel, ses idées sont respectables, j’adhère totalement à son discours sur l’immigration, mais son programme économique me fait peur. Je trouve, en effet, qu’il est trop de gauche, voire dangereux, je préfère celui de sa nièce, mais Marion n’a aucun poids au RN. Ce n’est pas un hasard si 60 % des électeurs de LFI sont prêts à voter pour le RN au second tour des présidentielles et, pour cette raison, je ne me vois pas déposer un bulletin au nom de Marine Le Pen, sauf si elle est opposée à M. Jadot, l’écologiste qui m’effraie encore plus. (Instaurerait-il une dictature verte ? On peut le craindre.)

Quant à M. Macron, je le trouve insupportable, non que sa politique soit à jeter à 100 % (seulement à 70 %), mais je suis révulsé par sa suffisance et son totalitarisme mou (nous sommes encore en démocratie, heureusement). J’ai vraiment l’impression, comme l’a affirmé un député LREM aussitôt désavoué par son camp, que ceux qui ne sont pas pour le Président doivent être traités comme des ennemis ! Faut-il les mettre dans des camps, comme en Corée du Nord (je plaisante !) ? Or, outre sa personne qui me hérisse, mes désaccords avec lui portent sur l’immigration, contre laquelle il ne fait rien, et sur la dette, qu’il ne réduit pas en traquant les dépenses inutiles. À sa décharge, il suit la ligne de ses prédécesseurs qui n’ont rien fait ou presque pour régler ces problèmes ; néanmoins, on peut toujours rêver que si LR accède à nouveau (par miracle ?) au pouvoir, il applique enfin son programme sur lequel je suis d’accord à 100 % !

Je suis donc un électeur LR, je suis déterminé à voter LR aux prochaines élections, uniquement pour les vrais LR, pas pour les « traîtres » (terme un peu fort, mais parlant), pas pour les hommes de « droite » qui, par peur d’être balayés aux prochaines municipales, régionales ou départementales, signent une tribune où ils prétendent soutenir M. Macron. Pourtant, dans la semaine du 19 au 25 mai, quand M. Bellamy était crédité de 13 % d’intentions de vote, un grand nombre de maires LR qui paraissaient « Macron-compatibles » ont appelé à soutenir le philosophe versaillais. La déroute du 26 mai a changé leur opinion. Comme disait M. Edgar Faure, célèbre pour ses volte-face, ce n’est pas moi qui change, mais le vent.

Je suis sans doute un dinosaure, mais j’ai la constance de mes idées et je préfère que mon camp favori perde dans les urnes plutôt que de voter pour un candidat au programme trop loin de mes convictions.

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