À l’, l’« esprit du 11 janvier » n’a guère perduré : la fameuse unité nationale n’y a pas fait non plus long feu.

En témoigne la polémique que les législatives partielles du Doubs y ont suscitée. Leur candidat était à peine éliminé à l’issue du premier tour que déjà des leaders donnaient des consignes contradictoires avant même que la position officielle du parti ne soit donnée. Alain Juppé a ainsi appelé à voter PS, position également adoptée par Nathalie Kosciusko-Morizet. Laurent Wauquiez, lui, s’est prononcé en faveur du vote blanc tandis que a défendu la liberté de vote sauf pour le vote – c’est ce qu’on peut appeler de la liberté conditionnelle… Deux jours de déclarations discordantes et plus de deux heures d’un bureau politique houleux à huis clos ont abouti au choix de la posture officielle du « ni-ni » (ni FN ni front républicain). Décision loin de faire consensus et dont la difficile adoption souligne la faible capacité du parti à rassembler ses ouailles.

Consignes de vote, désaccords, stratégies individualistes : si le plat est amer, l’arrière-cuisine est tout aussi désolante, comme le souligne le Conseil national de l’UMP ce samedi 7 février. Celui-ci a tenté de prouver une unité qui ne convainc déjà plus personne. Si Nicolas Sarkozy a voulu se poser en rassembleur, l’ancien maire de Bordeaux a jeté la pomme de discorde en y déclarant que pour combattre le parti honni – qui finalement est plutôt renforcé par un unanimisme anti-FN stérile -, il fallait “partout l’union de l’UMP, de l’UDI et même du MoDem”, paroles qui ont suscité les huées des militants.

Ces événements sont un révélateur de plus des divisions de l’UMP, partagée entre son aile et son aile , et de la lutte pour les primaires qui les accompagne. Un sondage BVA-Orange-i>Télé est venu rajouter son grain de sel samedi en indiquant que Nicolas Sarkozy avait perdu plus de 26 points en 5 mois : plus que 40 % des sympathisants UMP souhaitent sa candidature pour les de 2017 et il ne devance désormais que de 6 points Alain Juppé. Celui-ci le dépasse même de deux points d’opinions favorables parmi les sympathisants de droite.

Candidat pour les primaires, Alain Juppé prépare donc le terrain comme le soulignent ces prises de position en marge de la ligne officielle du parti. Dans la perspective d’une primaire UMP censée être ouverte, il cherche à s’attirer les bonnes grâces de la gauche modérée et du centre, alliés non négligeables face à la droite conservatrice et à l’. Il s’est ainsi prononcé à plusieurs reprises en faveur d’un rassemblement républicain. Il est à craindre qu’une fois de plus, les stratégies électorales des leaders l’emportent sur une véritable remise en question des fondements du parti.

Nicolas Sarkozy a déclaré samedi à propos de la primaire : “Nous allons l’organiser sereinement, elle ne doit en aucun cas polluer le travail de fond qu’il nous faut d’abord engager.” Il est grand temps, en effet.

9 février 2015

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