On ne présente plus . Depuis novembre dernier, c’est l’un des acteurs les plus comiques du Web. Certes, acteur involontaire, mais quand même.

Pour ceux qui l’auraient oublié, ce cher Jawad est le « logeur » des terroristes du Bataclan, celui qui leur avait loué un petit pied-à-terre rue du Corbillon à Saint-Denis, juste pour rendre service. Bref, un complice à l’insu de son plein gré, comme il l’a exposé devant les caméras de BFM TV juste avant de se faire embarquer par la police.

Et donc, depuis le 24 novembre 2015, Jawad dort tranquillement à la prison de Villepinte, incarcéré pour « association de malfaiteurs criminelle, détention en bande organisée d’explosifs et d’armes, le tout en relation avec une entreprise terroriste ». Il y coulerait des jours tranquilles sinon heureux si un certain Sargologo, avocat de son état, n’avait tenté – à deux reprises et sans y être invité – de lui rendre visite.

Pour qui, pour quoi ? On ne sait pas. Mystère… Ce qu’on sait, c’est que Jawad Bendaoud, pourtant peu connu pour son intelligence fulgurante, s’est indigné de cette visite impromptue. Ainsi, au mois de décembre dernier, il a écrit au juge en charge de l’instruction sur les attentats du 13 novembre pour lui faire part de son énervement. « Ce sont des gens de mon quartier qui ont envoyé [Me Sargologo] pour avoir des infos sur le dossier », dit-il. De fait, il apparaît que Me Sargologo a utilisé des faux à deux reprises pour tenter de voir ce client qui n’en était pas un. Si bien que la directrice de la maison d’arrêt a écrit elle aussi au juge, expliquant que l’avocat « s’est prévalu d’un ancien permis de communiquer établi par la juridiction de Bobigny lors d’une précédente incarcération de Bendaoud ». « Me Sargologo a abusé mes surveillants au parloir avocat », écrit-elle, ajoutant que Jawad Bendaoud « était très mécontent de la venue de cet avocat qu’il n’a pas désigné ».

Un drôle de paroissien, ce Me Sargologo. Et sans vouloir apprendre son boulot au juge, à sa place, j’irais fouiner du côté des « gens du quartier », tellement intéressés par le dossier de leur voisin Jawad qu’ils lui dépêchent à leurs frais un avocat parisien qu’il n’a pas réclamé. Pourquoi donc ? Seraient-ils aussi dans l’affaire jusqu’au cou ? Ils ont peur que Jawad le beau parleur ne fasse des confidences, peut-être ? En tout cas, le pauvre Jawad devait avoir une sainte trouille car la directrice confie au juge : « Nous avons dû apaiser le détenu qui était très contrarié par cette venue sans qu’il ne nous ait dit pour autant la raison de cet agacement. » Peut-être avait-il peur qu’on lui fasse la peau ? Il a, en tout cas, précisé au juge qu’il tenait à conserver ses avocats commis d’office. Bons ou mauvais, il préfère !

Le Figaro, auquel le cher Maître a refusé de répondre, dit que Me Sargologo fait actuellement l’objet d’une procédure disciplinaire. Enfin, son cabinet étant situé dans les très beaux quartiers de et pas dans ceux pourris du 9-3, on peut imaginer que ses affaires vont au mieux. Et celles de ses clients itou.

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